Gay Pride à Budapest : des milliers de Hongrois contre la loi anti-LGBT

Amour, tolérance et résistance. Ce sont les mots d’ordre de la gay pride cet après-midi à Budapest. Une marche des fiertés, haute en couleur, bruyante et festive qui rassemble, dans la bonne humeur, des milliers de Hongrois. Une édition organisée sous haute sécurité et sur fond de loi homophobe du premier ministre Viktor Orban.

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Pour la première fois de son histoire, la marche des Fiertés n’emprunte pas par les grands boulevards du centre de Budapest où se sont rassemblés des militants d’extrême droite. © Natalie Massart

Sous un soleil de plomb et des décibels plein les oreilles, le cortège bigarré s’est élancé en milieu d’après-midi dans les rues de la capitale hongroise pour manifester son soutien à la communauté LGBT.

Cette année, les organisateurs ont lancé un appel à se dresser contre la haine. Dans leur viseur, une récente loi jugée homophobe du premier ministre nationaliste conservateur Viktor Orban. Une législation qui interdit l’utilisation de contenus scolaires considérés comme faisant la promotion de l’homosexualité et du changement de genre.

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Cette année, les organisateurs de la marche des Fiertés ont lancé un appel à se dresser contre la haine. © Radouane El Baroudi

D’une part, les gens sont en colère et ils ne tiennent pas à respecter la nouvelle loi de propagande et voudraient faire quelque chose de concret, explique Johanna Majercsik, la porte-parole de Budapest Pride. Mais d’un autre côté, il y a la peur. De nombreuses personnes LGBTQ + envisagent désormais de quitter le pays s’il n’y a pas de réforme ou de changement de gouvernement l’année prochaine."

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Une centaine de militants d’extrême droite sont tenus à distance de la marche des libertés. © Radouane El Baroudi

Seul point délicat du parcours cet après-midi, le moment où la marche aux couleurs arc-en-ciel de la communauté LGBT a fait face aux drapeaux hongrois brandis par des contre-manifestants. Une centaine de militants d’extrême droite vocifèrent, lancent des insultes. Mais les risques de violences sont faibles.

La police est déployée en nombre pour séparer les deux camps. Un dispositif de sécurité exceptionnel. Johanna Majercsik croit savoir pourquoi : la marche des fiertés est " même mieux protégée qu’en général par la police, car il y a une énorme délégation étrangère ici, non seulement des ambassadeurs, mais aussi de nombreux journalistes et politiciens étrangers, et même des membres du Parlement européen. Ce sera donc très mauvais pour Viktor Orban s’il y avait une attaque lors de la Pride. " Au sein de la délégation étrangère, l’ambassadeur de Belgique à Budapest était notamment annoncé.

La communauté LGBT hongroise compte sur l’aide de leurs partenaires européens. La Commission européenne a jugé discriminatoire la loi interdit l’évocation de l’homosexualité auprès des jeunes et lancé une procédure disciplinaire contre la Hongrie.

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