Pas d'accord sur le climat au G7: Macron voit néanmoins un "progrès" dans les discussions avec Trump

G7: urgence à "éteindre le chaudron libyen" pour lutter contre le terrorisme
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G7: urgence à "éteindre le chaudron libyen" pour lutter contre le terrorisme - © TIZIANA FABI - AFP

Pour la première fois de son histoire, l'unité du G7 s'est brisée samedi à Taormina (Sicile) sur la question cruciale du climat, face à un Donald Trump plus résolu que jamais à jouer sa partition.

"La discussion a été franche, peut-être plus franche que lors des précédents sommets", a reconnu devant la presse le chef du gouvernement italien Paolo Gentiloni, dont le pays préside actuellement le G7.

Car en dépit des pressions répétées des Européens (Allemagne, France, Italie, Grande-Bretagne et Union européenne), du Canada et du Japon, M. Trump est resté de marbre.

Les dirigeants du G7 ont ainsi dû reconnaître reconnu samedi  leur incapacité à trouver un terrain d'entente avec les Etats-Unis sur la lutte contre le réchauffement climatique. 

"Les Etats-Unis d'Amérique sont en train de réévaluer leur politique sur le changement climatique et sur l'Accord de Paris et ne sont donc pas en mesure de rejoindre le consensus sur ce sujet", indique la déclaration finale.

Le président américain Donald Trump a lui tweeté qu'il trancherait "la semaine prochaine" sur un éventuel retrait de l'accord de Paris, source du désaccord avec ses partenaires européens.

La discussion sur le sujet du climat a été très difficile, pour ne pas dire pas du tout satisfaisante

Le président français Emmanuel Macron, qui a trouvé en lui un homme "ouvert", "à l'écoute" et "qui a envie de bien faire", a cependant jugé samedi que les discussions avec le président américain sur le sujet constituaient un "progrès" par rapport à ce qu'on pouvait attendre il y a quelques semaines. "Je considère qu'il y a eu un progrès et qu'il y a eu de vraies discussions et de vrais échanges", a répondu M. Macron interrogé à l'issue d'un sommet du G7 à Taormina. "Il faut tenir compte du point de départ lorsque beaucoup pensaient encore il y a quelques semaines que les Etats-Unis allaient quitter les accords de Paris sur le climat", a-t-il expliqué devant la presse.

 

"La discussion sur le sujet du climat a été très difficile, pour ne pas dire pas du tout satisfaisante", a affirmé de son côté la chancelière allemande Angela Merkel.

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"Nous avons une situation à six contre un, ce qui signifie qu'il n'y a encore aucun signe quant à savoir si les Etats-Unis resteront ou non dans l'accord de Paris" sur le climat", a-t-elle ajouté.

Deux grands points de divergence

Le climat et le commerce international constituent les deux grands points de divergence entre les Etats-Unis et ses partenaires du G7 (Grande-Bretagne, Allemagne, France, Canada, Italie, Japon), réunis depuis vendredi à Taormina, en Sicile.

M. Trump, qui avait averti avant le G7 qu'il ne déterminerait sa position qu'après ce sommet, n'a pas varié dans sa position, malgré les plaidoyers des six autres dirigeants en faveur de l'accord de Paris.

L'Elysée se refuse à parler d'"échec", même s'il reconnaît que "ce n'est pas une formulation idéale". Donald Trump est un homme "pragmatique, et je suis sûr qu'il confirmera son engagement" dans l'accord de Paris, a estimé M. Macron. 

"Le résultat du sommet du G7 montre combien Trump est isolé sur le climat", a jugé de son côté Greenpeace , mettant en avant l'engagement des six autres pays. "On ne changera pas d'un millimètre notre position" sur le changement climatique, a d'ailleurs promis Paolo Gentiloni.

La présidence italienne et d'autres délégations semblaient en tout cas soulagées de voir le président américain continuer à rester dans un cadre multilatéral.

Sortir purement et simplement de cet accord

L'accord de Paris, conclu en novembre 2015, vise à contenir la hausse de la température mondiale sous la barre des 2°C par rapport aux niveaux préindustriels.

Les Etats-Unis pourraient sortir purement et simplement de cet accord âprement négocié ou rester mais annoncer une révision à la baisse de leur objectifs de réduction d'émissions de gaz à effet de serre.

L'administration Trump estime que les niveaux sur lesquelles l'administration de Barack Obama s'est engagée constitueraient un frein à la croissance économique américaine, une analyse qui ne fait pas, loin s'en faut, l'unanimité parmi les économistes.

Un accord pour lutter contre "les mauvaises pratiques commerciales"

Sur l'autre sujet épineux à l'agenda, le commerce international, les dirigeants du G7 se sont montrés plus souriants.

Ils se sont dits d'accord pour lutter contre le protectionnisme et les mauvaises pratiques commerciales, dans une formule équilibrée prenant aussi en compte la préoccupation des Etats-Unis pour un commerce juste et équilibré.

La journée avait débuté par une rencontre avec les dirigeants de cinq pays africains: Niger, Nigeria, Éthiopie, Kenya et Tunisie.

Vendredi, les dirigeants du G7 avaient facilement trouvé un terrains d'entente sur la lutte contre le terrorisme, après l'attentat meurtrier de Manchester. Le G7 a signé une déclaration commune sur le terrorisme dans laquelle il accentue la pression sur les grands groupes internet pour qu'ils luttent davantage contre les contenus radicaux, à la demande de la Grande-Bretagne.

Le G7 a également exprimé son inquiétude face au retour des combattants étrangers, particulièrement après l'attentat de Manchester commis par un Britannique d'origine libyenne qui pourrait s'être rendu en Syrie après une visite en Libye.

Le G7 de Taormina, où l'ombre de la Russie n'a cessé de planer après les nouvelles allégations concernant son rôle pendant la campagne électorale américaine, s'est dit aussi prêt à prendre des sanctions supplémentaires contre Moscou, en raison de sa "responsabilité" dans le conflit ukrainien.

Samedi en fin d'après-midi, quelque 2.000 manifestants ont défilé dans les rues de Giardini Naxos, au pied de Taormina, et la dispersion de ce cortège a donné lieu à quelques moments de tension entre policiers et une poignée de manifestants.

 

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