G20: Téhéran sommé de coopérer sur le nucléaire

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La France, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, confortés par de retentissantes révélations, ont sommé l'Iran de faire la lumière sur ses activités nucléaires à une réunion cruciale le 1er octobre, faute de quoi il sera sanctionné.

Français, Américains et Britanniques ont encore augmenté l'enjeu de cette rencontre avec l'Iran la semaine prochaine en révélant que la République islamique construisait depuis des années en secret une usine d'enrichissement d'uranium, la technologie produisant le combustible pour les centrales civiles mais pouvant aussi fournir la matière à l'arme nucléaire.

Non seulement cette usine aurait dû être déclarée dès sa construction aux organismes internationaux, mais ses caractéristiques ne sont pas cohérentes avec une finalité civile, ont-ils avancé.

Ce site est "parfaitement légal", a répliqué le président iranien Mahmoud Ahmadinejad à New York, où il était venu pour l'assemblée générale de l'ONU.

"Ils accusent un gouvernement indépendant sans se documenter", a-t-il ajouté.

Les Occidentaux ont réclamé que les Iraniens accordent aux inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique l'accès au site suspect, qui se trouverait près de la ville religieuse de Qom, au sud de Téhéran, soigneusement dissimulé dans un camp de l'armée d'élite du régime.

"Nous attendons de l'AIEA qu'elle enquête immédiatement sur ces informations inquiétantes", a dit le président Barack Obama.

Rompant avec les obligations économiques du sommet du G20 à Pittsburgh (est des Etats-Unis) pour apparaître avec le Français Nicolas Sarkozy et le Britannique Gordon Brown dans une manifestation d'urgence et d'unité internationales, M. Obama a qualifié l'usine de "défi direct" lancé aux règles mondiales contre la prolifération.

"Si d'ici décembre, il n'y a pas de changement profond de la politique iranienne, des sanctions devront être prises, il en va de la paix et de la stabilité", a prévenu M. Sarkozy.

Lors d'une apparition ultérieure seul devant la presse, M. Obama a répété la position de principe des Etats-Unis en refusant d'écarter un recours à la force militaire contre l'Iran.

Mais "je veux à nouveau insister sur le fait que ma préférence va à une solution diplomatique", a-t-il dit. Cependant, quand la diplomatie ne marche pas, "nous sommes dans une position bien plus favorable, par exemple pour appliquer des sanctions qui font mal".

Les Occidentaux s'accordaient pour dire que la révélation de l'existence de cette usine servait considérablement leur cause diplomatique à l'approche du 1er octobre, quand leurs représentants, avec ceux de l'Allemagne, de la Chine et de la Russie rencontreraient ceux de l'Iran.

Les Chinois et les Russes ont traditionnellement résisté à leurs efforts vis-à-vis de l'Iran.

M. Obama a entendu mercredi avec satisfaction le président russe Dmitri Medvedev se dire ouvert à la possibilité de sanctions.

Vendredi, M. Medvedev a dit que les Russes attendraient à la réunion du 1er octobre que les Iraniens fournissent la preuve que leur programme nucléaire est pacifique. Il n'a pas exclu de soutenir des "mesures" contre l'Iran.

La Chine a prudemment "pris note" de la nouvelle donne. "Notre espoir est que l'Iran va coopérer avec l'AIEA sur ce dossier", a déclaré le porte-parole du gouvernement chinois, Ma Zhao Xu.

Les Iraniens se sont toujours défendus contre le soupçon constant des Occidentaux qu'ils cherchent à se doter de la bombe atomique sous couvert de programme civil. Ils font valoir que le site de Qom n'est pas secret puisqu'ils viennent de le déclarer à l'AIEA. S'ils l'ont fait, c'est parce qu'ils savaient que nous savions, répondent les Occidentaux.

(AFP)

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