G20 à Hambourg: "le suicide politique" de l'Allemagne, selon Erdogan

G20 à Hambourg: "le suicide politique" de l'Allemagne, selon Erdogan
2 images
G20 à Hambourg: "le suicide politique" de l'Allemagne, selon Erdogan - © ADEM ALTAN - AFP

Recep Tayyip Erdogan a estimé mercredi que l'Allemagne commettait un "suicide politique" en lui interdisant de s'exprimer face à la communauté turque du pays en marge du G20, à la veille d'une rencontre avec Angela Merkel.

"Nous disons que nous voulons rencontrer (en Allemagne) nos concitoyens et les autorités allemandes annoncent partout que Erdogan ne doit pas parler (...) C'est vraiment très regrettable, je n'ai jamais rien vu de semblable", a déclaré le dirigeant islamo-conservateur à l'hebdomadaire allemand Die Zeit à paraître jeudi.

80 000 entreprises turques en Allemagne

"L'Allemagne commet un suicide. C'est un suicide politique", a ajouté M. Erdogan, en arguant du poids économique et politique de la Turquie et du risque encouru à ses yeux par Berlin.

"Nous avons actuellement 80 000 entreprises turques" en Allemagne, "qui emploient 480 000 personnes, vous ne pouvez pas ignorer cela", a-t-il dit.

M. Erdogan voulait organiser une réunion politique pour ses sympathisants en Allemagne en marge du sommet des dirigeants du G20 vendredi et samedi à Hambourg. Mais Berlin a refusé, s'inquiétant du risque d'importation des conflits politique inter-turcs en Allemagne, où vit la plus importante diaspora turque, d'environ 3 millions de personnes.

Le président turc et Angela Merkel vont tenter jeudi d'aplanir leurs divergences lors d'une rencontre prévue en Allemagne, a indiqué en parallèle le porte-parole de la chancelière. Cette entrevue "devrait se tenir" jeudi, soit la veille de l'ouverture du sommet, a indiqué Steffen Seibert, sans plus de précisions.

Les relations entre l'Allemagne et la Turquie se sont fortement dégradées depuis le coup d'Etat manqué contre Recep Tayyip Erdogan il y a un an.

Troupes allemandes

Outre l'interdiction faite à M. Erdogan de s'adresser à ses compatriotes en marge du G20, le cas Deniz Yücel, un journaliste binational incarcéré depuis février en Turquie où il est accusé d'"espionnage" et d'activités "terroristes", empoisonne également les relations entre Ankara et Berlin.

Enfin, Berlin a décidé début juin de retirer ses troupes déployées sur la base turque d'Incirlik, en réaction à l'interdiction faite aux parlementaires allemands de se rendre sur cette base de l'Otan où quelque 260 soldats de la Bundeswehr participent aux opérations de la coalition internationale antidjihadiste contre le groupe Etat islamique en Syrie et en Irak.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK