Fusillade en Allemagne: le suspect a été arrêté

Fusillade en Allemagne: le suspect a été arrêté
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Fusillade en Allemagne: le suspect a été arrêté - © Jan Woitas - Jan Woitas/dpa

Deux personnes ont été tuées et au moins deux blessées mercredi en pleine rue à Halle, une ville de l'est de l'Allemagne, dans une fusillade dont un des auteurs présumés a été interpellé.

Les auteurs ont tenté de pénétrer dans une synagogue où se trouvaient plusieurs dizaines de personnes mais en ont été empêchés par les mesures de sécurité, a indiqué le responsable de la communauté juive locale.

Les mesures de sécurité à l’entrée de l’édifice religieux "ont permis de résister à l’attaque", a déclaré Max Pivorozki au magazine Der Spiegel, précisant "70 à 80 personnes" se trouvaient à l’intérieur en ce jour de célébration de la fête juive Yom Kippour.

L'attentat suscite "un choc profond pour tous les Juifs en Allemagne", a estimé le président du Conseil central des Juifs d'Allemagne, Josef Schuster.

Le président de la communauté a également jugé "scandaleux" que le bâtiment religieux n'ait pas été protégé par la police allemande alors que les Juifs célèbrent mercredi la grande fête de Yom Kippour.

Le parquet anti-terroriste allemand a été saisi de l'enquête.

Le suspect a été arrêté

La police allemande a annoncé mercredi soir que la personne interpellée en milieu de journée à Halle peu après l'attentat antisémite contre une synagogue était le suspect de l'assaut à l'arme à feu, qui a fait deux morts.

"La personne interpellée est le suspect", a indiqué un porte-parole de la police locale, en confirmant qu'il avait été blessé et "soigné".

Il n'a pas précisé la nature de ces blessures mais des images vidéo amateur diffusées sur internet montrent comment l'auteur, un homme de 27 ans selon la chaîne de télévision publique allemande ARD, est blessé par des tirs de la police dans la rue.

Le ministre allemand de l'Intérieur, Hors Seehofer, a de son côté indiqué que l'attentat avait été commis par un homme seul, alors que la police avait dans un premier temps parlé de plusieurs auteurs et lancé des recherches dans toute la région.

Elle a finalement levé l'alerte dans la soirée et indiqué à la population de Halle qu'elle pouvait à nouveau sortir dans la rue.

"Un tireur portait un casque et des habits militaires, a témoigné un homme, qui était à l'intérieur d'un restaurant turc de kebab, sur la chaîne d'information NTV. Il a jeté une grenade sur le local. La grenade s'est écrasée sur la porte et a explosé. L'homme a ensuite tiré au moins une fois dans le magasin, l'homme qui était assis derrière moi a dû mourir. Je me suis caché dans les toilettes et j'ai verrouillé la porte", a-t-il raconté.

Contrôles renforcés aux gares et aéroports

Tout le quartier a été bouclé et la gare centrale de Halle (Etat régional de Saxe-Anhalt) a été fermée.

Des contrôles renforcés ont été mis en place dans les aéroports et les gares du centre de l'Allemagne, a indiqué sur Twitter la police de cette région du pays réunissant les États de Saxe-Anhalt, de Saxe et de Thuringe. Cette mesure s'applique également aux routes menant à la Pologne et à la République tchèque.

Le service de police régional fournit également un soutien à la police de Halle, ainsi qu'aux unités spéciales et à la police fédérale.   Une fusillade a eu lieu mercredi après-midi à Halle, une municipalité de Saxe-Anhalt, près d'une synagogue. Deux personnes y ont été tuées. Le parquet fédéral anti-terroriste été saisi de l'enquête.

Sécurité renforcée autour de plusieurs synagogues

La police a renforcé sa présence autour des synagogues de Dresde et de Leipzig, au sud-est de la ville de Halle. Cinq policiers armés de mitraillettes stationnent ainsi devant la synagogue de Leipzig, a rapporté l'agence de presse allemande DPA.

La police attend d'en savoir plus sur la fusillade, qui s'est produite en pleine fête juive de Yom Kippour, avant d'envisager de nouvelles mesures. Le quotidien allemand Bild rapporte en outre que les tireurs auraient tenté d'entrer dans la synagogue, alors que 70 à 80 fidèles s'y trouvaient selon un décompte du président de la communauté juive de Halle, Max Privorotzki, cité par le journal der Spiegel.

Sur les sites des médias locaux et les réseaux sociaux fleurissent par ailleurs des vidéos d'un assaillant en habits militaires qui fait feu depuis une voiture, au milieu de la rue.

Onde de choc

Cette attaque intervient quelques mois après le meurtre, en Hesse, de Walter Lübcke, un élu pro-migrants du parti conservateur de la chancelière Angela Merkel (CDU). Le principal suspect est un membre de la mouvance néonazie.

Cette affaire a créé une onde de choc dans le pays, où l'extrême droite anti-migrants enchaîne les succès électoraux. Elle a réveillé la crainte d'un terrorisme d'extrême droite à l'image de celui du groupuscule NSU, responsable de l'assassinat entre 2000 et 2007 d'une dizaine de migrants.

Il y a eu nombre de précédents violents: un attentat au couteau contre la maire de Cologne Henriette Reker en 2015, et deux ans plus tard contre le maire d'Altena Andreas Hollstein. Tous deux en réchappent de justesse. Tous deux défendaient une politique d'accueil généreuse des migrants, comme Walter Lübcke.

Ou encore les meurtres perpétrés par le groupuscule néonazi allemand NSU, responsable du meurtre d'une dizaine d'immigrés en Allemagne au début des années 2000. 

L'Allemagne est confrontée à "une nouvelle RAF", une "RAF brune", estime le Süddeutsche Zeitung, en référence au groupe terroriste d'extrême gauche Fraction armée rouge, actif entre 1968 et 1998.

Plus de 12.700 extrémistes de droite jugés dangereux sont recensés par les autorités.

Les autorités allemandes sont également sur le qui-vive après plusieurs attaques jihadistes ces dernières années. La plus meurtrière a été commise en décembre 2016, lorsqu'un Tunisien, Anis Amri, a foncé sur un marché de Noël de Berlin au volant d'un camion volé, tuant douze personnes.

En pleine rue, un tireur donne des coups de feu, avant son arrestation, à Halle (Saxe-Anhalt)

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