Fusillade de Strasbourg: ce que l'on sait

Fusillade de Strasbourg: ce que l'on sait
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Fusillade de Strasbourg: ce que l'on sait - © PATRICK HERTZOG - AFP

Plusieurs centaines de membres des forces de sécurité étaient mobilisées dans la nuit de mardi à mercredi pour tenter de retrouver l'auteur en fuite de la fusillade qui a fait au moins trois morts mardi soir sur le Marché de Noël de Strasbourg, alors que le gouvernement décidait de placer la France en "urgence attentat".

L'essentiel de l'info

Quelque 350 personnes, dont 100 membres de la police judiciaire, des militaires et deux hélicoptères, sont aux trousses de l'assaillant, a indiqué le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner lors d'une déclaration depuis la préfecture du Bas-Rhin à Strasbourg, où il a été dépêché par le président Emmanuel Macron.

Mardi soir, "à partir de 19h50", le tireur a ouvert le feu et "semé la terreur" en "trois points" de Strasbourg, a déclaré M. Castaner sans dévoiler son identité. Le bilan de l'attaque sur le marché de Noël de Strasbourg est de 3 morts mardi soir.

Le maire de la ville Roland Ries avait fait état d'un bilan plus lourd de quatre morts dans le courant de la nuit, avant que le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner n'avance un bilan déjà revu à la baisse de trois morts lors d'une conférence de presse à 02H00 du matin.

Qui est l'assaillant?

"Entre 20h20 et 21h", l'assaillant a par deux fois échangé des coups de feu avec les forces de sécurité avant de s'enfuir, a encore expliqué Christophe Castaner. Lors de ces échanges de tirs, l'assaillant a été blessé par une patrouille de soldats de l'opération Sentinelle qui sécurisent le Marché de Noël de Strasbourg, a expliqué une source policière. Selon l'état-major des armées, un soldat a été blessé légèrement à la main par ricochet d'un tir de l'assaillant.

L'homme recherché est âgé de 29 ans et est fiché "S" (pour Sûreté de l'État) pour radicalisation islamiste. L'assaillant, né à Strasbourg, est "un individu connu en droit commun pour beaucoup de délits autres que liés au terrorisme, il n'a même jamais été connu pour des délits liés au terrorisme", a indiqué le secrétaire d'Etat Laurent Nuñez.

L'auteur présumé de la fusillade a déjà séjourné un certain temps derrière les barreaux, notamment pour différents cambriolages, selon la justice allemande. Ainsi, en 2016, l'homme, Chérif C. selon les médias français, a été condamné par un tribunal de Singen, une ville allemande de Bade-Wurtemberg, à deux ans et trois mois de prison pour avoir cambriolé un cabinet dentaire à Mayence et une pharmacie à Engen.

Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour "assassinats, tentatives d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste et association de malfaiteurs terroriste criminelle".

Le plan Vigipirate passe en "urgence attentat"

Après cette attaque le gouvernement a porté le niveau du plan Vigipirate à "urgence attentat", a annoncé le ministre de l'Intérieur.

Cette mesure comprend "la mise en place de contrôles renforcés aux frontières, et des contrôles renforcés sur l'ensemble des marchés de Noël en France pour éviter le risque de mimétisme", a-t-il poursuivi. "Il y aura aussi en complément une mobilisation plus forte encore du dispositif sentinelle sur l'ensemble du territoire".

Dans la soirée, le chef de l’État a exprimé sur Twitter la solidarité de la "nation tout entière" après avoir présidé à Beauvau une réunion de crise interministérielle en présence du Premier ministre Édouard Philippe.

Soutien des chefs d'État 

Après l'attaque de mardi soir, la "Grande Ile", le centre historique de Strasbourg, a été entièrement bouclée par les forces des l'ordre. Selon la préfecture, les mesures de confinement avaient été levées dans la nuit et l'accès au centre-ville était de nouveau possible à partir de 2 heures.

La Première ministre britannique Theresa May s'est dite "choquée et attristée par la terrible attaque", tandis que le porte-parole du gouvernement allemand, Steffen Seibert, s'est dit "bouleversé par les terribles informations de Strasbourg". Le vice-premier ministre italien Matteo Salvini, ancien député européen, a assuré de son "engagement total pour que les terroristes soient débusqués, bloqués, éliminés, en Europe et dans le monde, par tous les moyens licites nécessaires".

246 tués par des attentats djihadistes depuis 2015

Cette fusillade intervient alors que la France vit sous une menace terroriste élevée depuis la vague d'attentats djihadistes sans précédent qui a fait 246 tués depuis 2015. La France a été frappée deux fois cette année au cours d'attaques qui ont fait cinq morts. Le dernier a succombé à une attaque au couteau menée par Khamzat Azimov, assaillant de 20 ans abattu par la police, dans le quartier touristique de l'Opéra, à Paris, le 12 mai 2018.

La précédente attaque s'était produite le 23 mars à Carcassonne et à Trèbes (Aude): dans son périple meurtrier, Radouane Lakdim, un délinquant radicalisé de 25 ans, avait volé une voiture à Carcassonne dont il avait abattu le passager et blessé le conducteur par balles. Il avait ensuite tiré sur des policiers devant leur caserne avant d'entrer dans un supermarché à Trèbes où il avait tué un boucher, un client ainsi que le lieutenant-colonel de gendarmerie Arnaud Beltrame qui s'était offert comme otage à la place d'une femme.

Le traditionnel marché de Noël de Strasbourg avait fait l’objet d’un projet d’attentat en décembre 2000. Il est protégé en permanence par un important dispositif de surveillance. Environ 260 policiers nationaux sont notamment mobilisés.

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