Fukushima: les rejets en mer trois fois plus importants qu'estimé

Photo transmise par l'opérateur Tepco de la centrale nucléaire de Fukushima, au Japon, le 30 juin 2011
Photo transmise par l'opérateur Tepco de la centrale nucléaire de Fukushima, au Japon, le 30 juin 2011 - © AFP

Le cumul des substances radioactives rejetées en mer par la centrale nucléaire accidentée de Fukushima serait environ trois fois plus important que ne le pensait l'opérateur du site, a affirmé vendredi la presse nippone.

Des chercheurs japonais évaluent à présent à 15.000 térabecquerels la quantité d'éléments radioactifs dispersés dans l'océan Pacifique entre mars et avril, à la suite des explosions d'hydrogène et autres avaries survenues à Fukushima Daiichi, complexe atomique endommagé par le séisme et le tsunami du 11 mars dans le nord-est de l'archipel.

L'opérateur de la centrale, Tokyo Electric Power (Tecpo), avait estimé auparavant à 4.700 térabecquerels le total d'iode et césium radioactifs rejetés dans la mer, en fonction de prélèvements effectués début avril.

Mais une équipe de chercheurs, dirigée par Takuya Kobayashi de l'Agence japonaise de l'Energie atomique, a fondé ses estimations sur d'autres données, provenant notamment d'échantillons d'eau de mer pris entre le 21 mars et le 30 avril, selon plusieurs quotidiens japonais.

Selon les chercheurs, les particules radioactives sont arrivées en mer par divers canaux et d'autres, rejetées dans l'atmosphère, sont retombées dans l'eau de l'océan.

De la radioactivité dans les eaux californiennes

De faibles niveaux de radioactivité ont été relevés dans les eaux de pluie du nord de la Californie en mars dernier, deux semaines après la catastrophe nucléaire de Fukushima au Japon, avant un retour rapide à la normale, affirme une étude publiée mercredi.

Les niveaux détectés de césium, iodine et tellurium étaient très faibles et ne présentaient aucun risque pour la population, selon les résultats de l'étude, financée par les ministères américains de l'Energie et de la Sécurité intérieure. L'eau de pluie avait été collectée dans les villes d'Oakland, Berkeley et Albany (région de San Francisco) entre le 16 et 26 mars, selon le rapport, publié dans le journal en ligne Plos (Public Library of Science). "Le premier échantillon qui montrait un niveau de radioactivité plus élevé que la normale a été collecté le 18 mars, et les niveaux ont atteint un pic le 24 mars, avant de revenir à un niveau normal", affirme le professeur Eric Norman, du département d'ingénierie nucléaire à l'Université de Californie à Berkeley. Des isotopes radioactifs ont également été trouvés dans du lait, de l'herbe et des légumes, là encore sans risque pour le public. Le 11 mars, un séisme de magnitude 9 et un tsunami ont fait quelque 20.000 morts sur les côtes du Japon, provoquant une catastrophe nucléaire à la centrale de Fukushima. Les systèmes de refroidissement de la centrale ayant été endommagés, le combustible nucléaire avait commencé à fondre, entraînant le rejet de radiations dans l'air, la mer et la chaîne alimentaire.

AFP
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