Fuite de Juan Carlos : le parlement catalan déclare que la Catalogne est "républicaine" et "ne reconnaît pas" le roi

Ce vendredi, le Parlement catalan a approuvé une résolution dans laquelle elle déclare que "la Catalogne est une république et, par conséquent, ne reconnaît ni ne veut avoir aucun roi". Dans le texte approuvé par une majorité, la monarchie est qualifiée de "délinquante".

Cette résolution soutenue par les trois forces indépendantistes, JxCat, ERC et CUP, a été approuvée lors de la session plénière extraordinaire du parlement catalan sur la monarchie qui s’est tenue ce vendredi. Cette session sur la monarchie espagnole faisait suite au départ du pays de l’ex roi d’Espagne Juan Carlos qui fait face à des soupçons de corruption.

Une "monarchie délinquante"

La résolution affirme que la "saga Bourbon a été une calamité historique pour la Catalogne" et dénonce le fait que le roi Juan Carlos "a accepté la succession du général Franco en jurant fidélité aux principes de son régime", de sorte que "la monarchie espagnole est la continuation du régime précédent".

Le texte approuvé dénonce également la "fuite consensuelle du roi Juan Carlos pour échapper à l’action de la Justice" et parle d’une "monarchie délinquante", d’un "système autonome défaillant" et d’une "démocratie où intervient le pouvoir judiciaire", relate la radio télévision publique espagnole RTVE.

Torra met au défi les ministres de Podemos

Quelques heures avant, lors de son intervention devant le parlement, le président de la "Generalitat", Quim Torra, a exhorté les ministres de "Unidas Podemos", qui sont en majorité avec les socialistes au parlement espagnol, à "démissionner immédiatement" s’ils sont réellement en désaccord avec la "fuite" du roi Juan Carlos Ier d’Espagne et ne veulent pas être "complices" de la "dissimulation" de la prétendue corruption.

"La seule protestation responsable que les citoyens comprendraient est que tous les membres du gouvernement qui ne sont pas d’accord avec ce qui s’est passé (avec Don Juan Carlos I) démissionnent dès maintenant", a-t-il assuré lors de la session plénière extraordinaire du Parlement catalan.

Une session qu’il avait lui-même souhaité afin d’évoquer le statut de la monarchie espagnole après le départ de l’Espagne de Juan Carlos en raison de ses affaires prétendument opaques.

"Manœuvre de diversion" pour l'opposition

 

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Carlos Carrizosa (Ciudadanos) © Tous droits réservés

Lors de ses interventions à la chambre catalane, l'opposition a critiqué le fait que cette session plénière se tienne alors que les cas de coronavirus sont en constante augmentation en Catalogne et que le gouvernement catalan n'a donné aucune explication sur la gestion de la crise sanitaire.

Elle a également qualifié la session de "manœuvre de diversion" et chargé Quim Torra, l'accusant de ne pas mettre les moyens afin de tenter de juguler le "tsunami économique provoqué par la pandémie" et de privilégier "son obsession nationaliste".

Carlos Carrizosa, le chef de groupe du parti "Ciudadanos" (centre-droit) en Catalogne, lui a demandé de démissionner et de "cesser d'éroder" la présidence de la "Generalitat" avec des séances plénières "grotesques", utilisées "pour quelque chose d'absolument déplacé", et qui ne cherchent, selon lui, qu'à "attaquer la nation et l'État de droit".

Appels à un référendum national sur la monarchie

De son côté Quim Torra, estime que le départ de Don Juan Carlos "n'est pas un problème familial privé", mais un "problème de nature constitutionnelle". Il considère donc qu'il n'y a qu'une seule issue : l'abdication du roi Philippe VI et un référendum sur la monarchie dans tout l'État espagnol.

Le président catalan a déclaré qu'il ne comprenait pas que "ceux qui se disent républicains veulent continuer à être les sujets d'une monarchie corrompue". 

Il a également profité de l'occasion pour rappeler que les indépendantistes catalans ont un "objectif" clair : "vivre libre dans une République catalane indépendante", qu'il considère "plus urgent que jamais".

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