Frontières, tracking, écoles, tests: les leçons à tirer des expériences en Asie en vue du déconfinement en Europe

Les expériences de pays asiatiques peuvent servir d'exemple ou de contre-exemples à l'heure de penser au déconfinement en Europe.
Les expériences de pays asiatiques peuvent servir d'exemple ou de contre-exemples à l'heure de penser au déconfinement en Europe. - © PHILIP FONG - AFP

L’alerte a-t-elle été suffisamment donnée ? Avons-nous suffisamment accepté de l’entendre ?

Les Etats européens auraient pu tirer bien plus de leçons de l’expérience asiatique sur le Coronavirus, l’Asie ayant plusieurs semaines d’avance face à la vague du Covid-19. Soit des leçons de rapidité de réaction face à la nouvelle de ce nouveau virus en Chine. Soit des leçons sur les mesures à déployer.

Mais sur le déconfinement, il est encore temps de s’inspirer des expériences asiatiques, bonnes ou mauvaises, à l’heure où les états européens planifient ou amorcent leurs déconfinements.

Les écoles et espaces publics: le cas de Hokkaido au Japon

L'île d'Hokkaido, au nord du Japon, avait rouvert ses écoles progressivement depuis le 6 avril, après trois semaines de fermeture. Le coronavirus semblait dompté, il ne restait plus que quelques cas déclarés chaque jour.

Il y a une semaine, les écoles d'Hokkaido ont pourtant dû refermer leurs portes. Les autorités ont déclaré à nouveau l'état d'urgence. En une semaine, plus d'une centaine de contaminations ont été constatées chez des personnes qui ne s'étaient pas rendues à l'étranger récemment. 

Une expérience qui semble confirmer qu'un retour au calme est rapidement réversible et qu'une fin de confinement doit être progressive et couplée au maintien d'autres mesures de prudence, probablement jusqu'à l'arrivée d'un vaccin. 

Les frontières: le cas de Taiwan

La Chine, Hong Kong, Taiwan, Singapour.... ont fait l'expérience de "deuxièmes vagues" de contaminations liées aux entrées dans leurs territoires: mi-mars, leurs ressortissants ont, en nombre, quitté les Etats-Unis ou l'Europe en début de confinement, pour rentrer au pays. Ces nationaux, de retour chez eux, ont ouvert un nouveau front dans le combat contre le virus. 

Taiwan semble avoir maîtrisé sa seconde vague par des mesures fermes à l'entrée sur le territoire. Les étrangers y sont refusés. Seuls les détenteurs d'un titre de séjour, les travailleurs migrants et les diplomates peuvent entrer sur le territoire taiwanais. Et la quarantaine qui leur est alors imposée y est strictement contrôlée. 


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En Europe, comment éviter de telles secondes vagues tout en assouplissant les fermetures de frontières? Faudra-t-il maintenir, voire raffermir, les mesures actuelles aux frontières extérieures de l'Union? 

Aujourd'hui les voyages "non-essentiels" vers l'Union européenne sont interdits. A Brussels Airport, les passagers qui atterrissent ne peuvent entrer sur le territoire belge que s'ils y résident ou peuvent justifier des raisons "essentielles", puis ils reçoivent la consigne, dont le respect n'est pas contrôlé, de rester en quarantaine. 

Les tests: le cas de la Corée du Sud

La Corée du Sud est pointée en exemple pour sa gestion de la crise sanitaire sans confinement, en privilégiant d'autres barrières, comme le port de masques, la distanciation sociale et le recours massif à des tests de dépistage, avec géolocalisation des personnes contaminées et enquêtes de traçabilité. 

Un ensemble de mesures qui ont permis à cet Etat, le deuxième après la Chine à avoir connu une flambée épidémique, d'en voir le bout. La Corée du sud est passé d'un bilan de 909 décès en 24 heures au plus fort de l'épidémie à une vingtaine de cas quotidiens ces derniers jours. Les autorités sud-coréennes ont décidé ce WE d'assouplir les règles s'appliquant aux lieux de culte et aux centres sportifs mais tout en annonçant que les mesures de distance sociale seraient prolongées de 16 jours et que les écoles resteraient fermées.

Parce que malgré cet éventail de mesures et leurs effets manifestes, chaque jour de nouveaux cas de contamination sont encore décelés. 

La persistance du virus pourrait être liée notamment à une possible "réactivation" du virus chez des individus pourtant considérés comme guéris. La Corée du Sud a fait état 160 cas de personnes sorties de quarantaine après deux tests négatifs mais testées à nouveau "positifs" deux semaines plus tard.


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Le traçage par nos smartphones: le cas de Singapour

L'idée fait son chemin en Europe: organiser la traçage des personnes contaminées, retrouver leur parcours, les personnes avec qui elles ont été en contact, grâce à la géolocalisation de leurs smartphones. 

Une masse critique est cependant nécessaire pour le bon fonctionnement d'un tel système. Or Singapour a lancé une telle application et son démarrage a été timide, avec à peine 20% de la population connectée. Or, le pays fait face à une deuxième vague depuis le début du mois d'avril.

Les citoyens européens seront-ils davantage convaincus par les garanties que l'Union européenne dit vouloir instaurer? La Commission européenne dit vouloir garantir une participation volontaire au système, une protection des données personnelles, un usage de ces données pour prendre des mesures sanitaires exclusivement, mais en aucun cas des sanctions. A voir si cela suffira. 

Sujet du JT du 09/04/2020 - Tracking: la vie privée sacrifiée au nom de la santé ?


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