Frontière entre la Serbie et la Croatie entre réfugiés et embargo

Poste frontière de Batrovci entre Serbie et Croatie
Poste frontière de Batrovci entre Serbie et Croatie - © RTBF

Dans le centre-ville de Belgrade, plusieurs milliers de réfugiés sont bloqués dans un camp improvisé depuis plusieurs jours. Hommes, femmes et enfants ont été arrêtés dans leur périple vers l'Europe occidentale. Le principal obstacle est à quelques dizaines de kilomètres de là, à la frontière avec la Croatie, à Batrovci.

Les autorités de Zagreb ont fermé la frontière pour empêcher les réfugiés de passer. Mais des dizaines de camions serbes sont aussi bloqués. Les douaniers croates accusent les routiers serbes de se faire payer pour cacher des candidats à l'exil dans leur camion et les aider à passer la frontière. Zvonimir, chauffeur routier, dément catégoriquement : "Ils disent que c'est de la faute des chauffeurs de camions. Certains nous accusent d'aider les réfugiés à rentrer clandestinement dans leur pays. Mais on a rien avoir là-dedans".

Ce blocage des camions à la frontière, a entraîné une réaction immédiate des autorités serbes. La nuit dernière, le ministre serbe des Affaires intérieures, Nebosja Stefanovic, est descendu sur place en personne. Une descente très médiatique. Il estime que ce blocage de la frontière nuit à l'économie serbe. Il a donc pris des mesures de rétorsion contre la Croatie. "A partir de cette minute, la police serbe et les douaniers n'autoriseront plus l'entrée du moindre véhicule croate sur notre territoire, que ce soit par ce poste frontière où n'importe quel autre. Seront concernés tous les véhicules qui transportent des marchandises croates et ce, qu'ils soient immatriculés en Croatie ou dans un autre pays".

C'est la première fois que la tension monte aussi vite entre ces deux pays. Des pays qui se sont fait la guerre plusieurs années, lors de disparition de la Yougoslavie. La crise des réfugiés a compliqué les choses, mais c'est l'embargo sur les marchandises qui l'a carrément rendue ingérable.

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