"Freedom!": la presse britannique euphorique ou inquiète pour commenter le lancement du Brexit

"Freedom!": la presse britannique euphorique ou inquiète pour commenter le lancement du Brexit
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"Freedom!": la presse britannique euphorique ou inquiète pour commenter le lancement du Brexit - © Tous droits réservés

"Freedom": le Daily Mail qui titre en grand "Liberté!" est représentatif de tout un courant europhobe de la presse anglaise qui se réjouit ce mercredi matin du lancement du "Brexit". Le plus souvent, ces unes euphoriques sont illustrées par la photo de la première ministre britannique Theresa May signant la lettre officielle envoyée au Conseil Européen pour lancer le processus de sortie de la Grande-Bretagne de l'Union Européenne.

"Portons un toast à ceux qui rêvaient de ce moment", écrit ainsi dans son éditorial le Daily Telegraph, pro-Brexit. Le Sun, lui, titre "Dover and out", contraction du nom anglais de la ville de Douvres et de "over and out", qui signifie "terminé". Le quotidien a incrusté ces mots au-dessus d'une photo des falaises blanches de Douvres qui semblent toiser le continent européen en face. "Il est enfin arrivé... le jour le plus important de l'Histoire moderne du Royaume-Uni. Aujourd'hui Theresa May va officiellement dire à l'UE: nous partons", écrit-il en une.

Grand détracteur de l'UE, le Daily Mail proclame "Liberté" et félicite la Première ministre d'avoir repoussé la contre-offensive de "l'establishment politique et judiciaire europhile" depuis le référendum du 23 juin où 52% des Britanniques ont voté pour sortir de l'UE. Comme tous les journaux, le Daily Mail relaye l'appel de Theresa May à l'union sacrée autour du Brexit, alors que les velléités d'indépendance en Écosse et la crise politique en Irlande du nord menacent l'unité du Royaume.

Saut dans l'inconnu

D'autres sont plus circonspects comme le Guardian qui redoute un "saut dans l'inconnu", mais les quotidiens britanniques étaient d'accord sur un point: le caractère historique du Brexit déclenché mercredi.

"Chère UE, il est de temps de partir", lance avec regret le Daily Mirror, tabloïd de gauche pro-UE, qui demande à Theresa May de "défendre les intérêts des travailleurs britanniques au moment de discuter du divorce" avec les 27.

"L'Histoire nous regarde", titre The Times (conservateur) qui décrit le processus de sortie de l'Union européenne comme "le plus grand bouleversement politique depuis la Deuxième guerre mondiale".

 

 

Séparation douloureuse selon la presse européenne

La presse européenne regrette elle une "séparation douloureuse" et prévoit un "chantier titanesque" et des années d'"incertitude".

En Allemagne, la Frankfurter Allgemeine Zeitung note que "se séparer est douloureux". "Personne ne peut dire avec certitude ce qu'il va se passer dans les deux prochaines années. Une seule chose est sûre: ça ne va pas être de la tarte", souligne le quotidien.

Le conservateur Die Welt prend l'accent allemand pour tendre, en anglais, la main à Londres: "dear Brits, ze door is schtill open". "Ce n'est pas trop tard", insiste également la Berliner Zeitung.

"Brexit: vous nous manquez déjà! Ou pas..." titre en Une le quotidien français de gauche Libération, qui imagine deux scénarios pour le Royaume-Uni cinq ans après le Brexit. Côté pile, "ça roule": "le Brexit a réussi à Londres et à Theresa May réélue
triomphalement en 2020, la croissance est là, et le royaume toujours uni
". Côté face, "ça s'écroule": "étranglé économiquement, sans l'Irlande du Nord et l'Ecosse, Londres revient la queue entre les jambes demander sa réintégration dans une UE en pleine forme".

"29 mars 2017: le jour où le Royaume-Uni dit adieu à l'Europe", titre le journal conservateur Le Figaro, qui consacre une double page aux "enjeux d'un chantier titanesque".

En Italie, la Stampa (centre droit) titre: "Brexit, le jour du divorce" et revient sur l'Ecosse qui réclame un nouveau référendum d'indépendance. "Une sécession contre le Brexit: l'Ecosse défie maintenant Londres", souligne aussi La Repubblica (centre gauche).

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