Frappes américaines en Syrie: Erdogan appelle à des mesures supplémentaires

Frappes américaines en Syrie: Erdogan appelle à des mesures supplémentaires
Frappes américaines en Syrie: Erdogan appelle à des mesures supplémentaires - © ADEM ALTAN - AFP

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a salué vendredi les frappes américaines en Syrie tout en les jugeant insuffisantes et en appelant à des mesures supplémentaires.

Est-ce suffisant? Je ne crois pas

"Je salue cette mesure concrète et positive. Est-ce suffisant? Je ne crois pas. Pour avoir des résultats probants, il est temps de prendre des mesures pour protéger le peuple syrien opprimé", a déclaré Recep Tayyip Erdogan lors d'un discours à Antakya dans le sud de la Turquie.

Sur ordre du président Donald Trump, les Etats-Unis ont tiré 59 missiles contre une base aérienne militaire en Syrie en riposte à une attaque chimique présumée qui a fait 86 morts mardi dans une ville du nord-ouest de la Syrie, imputée à Bachar al-Assad, qui dément formellement.

"Je veux que les choses soient claires: tant que des enfants sont massacrés dans le monde, personne n'a le droit de se sentir en sécurité ou en paix", a ajouté Recep Tayyip Erdogan.

"Nous répétons l'importance de créer des zones de sécurité libérées de la terreur", a-t-il par ailleurs ajouté.

Un appel déjà lancé plus tôt dans la journée par son porte-parole, Ibrahim Kalin, qui a qualifié l'initiative américaine de "réponse positive aux crimes de guerre du régime de (Bachar al-)Assad".

"Pour éviter la reproduction de ce type de massacres (l'attaque présumée chimique imputée au régime), il est nécessaire d'instaurer sans tarder une zone d'exclusion aérienne et des zones de sécurité en Syrie", a affimé Ibrahim Kalin.

Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt Cavusoglu, a déclaré pour sa part que l'instauration de zones de sécurité en Syrie était "plus importante que jamais".

'Mépris total'

L'attaque de mardi montre, selon Ibrahim Kalin, le "mépris total" de Damas pour une transition politique et pour les efforts déployés afin d'appliquer le cessez-le-feu instauré en décembre et parrainé par Ankara, Moscou et Téhéran.

"La destruction de la base aérienne d'al-Chaayrate (centre de la Syrie) marque une étape importante pour assurer que les attaques chimiques et conventionnelles contre la population civile ne resteront pas impunies", a ajouté M. Kalin.

Peu auparavant, le vice-Premier ministre Numan Kurtulmus a affirmé lors d'une interview à la chaîne Fox TV que "le régime d'al-Assad doit être puni sur le plan international", selon des propos rapportés par l'agence progouvernementale Anadolu.

"Nous devons au plus vite mettre un terme à la barbarie du régime d'al-Assad", a-t-il ajouté, appelant la communauté internationale à maintenir une "position claire contre cette barbarie" et à accélérer le processus de paix.

Prendre des mesures afin d'assurer que de tels crimes ne restent pas impunis

Le ministère turc de la Santé avait affirmé jeudi que des premières analyses effectuées en Turquie laissaient penser que les victimes avaient été exposées à du gaz sarin, un puissant agent neurotoxique.

Dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères, la Turquie a par ailleurs assuré qu'elle donnerait "son entier soutien pour prendre des mesures afin d'assurer que de tels crimes ne restent pas impunis" et que des comptes soient rendus.

Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées devant les ambassades iranienne et russe à Ankara vendredi, portant une centaine de petits cercueils symboliques et des photographies des enfants morts dans l'attaque présumée chimique de mardi, a constaté un photographe de l'AFP.

Sur les cercueils, ils avaient inscrit les messages: "Assad Assassin" et "Poutine tyran".

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