François Hollande président: "J'adresse aux Français un message de confiance"

François Hollande arrive à l'Elysée.
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François Hollande arrive à l'Elysée. - © AFP PHOTO / POOL / CHRISTOPHE ENA

Baptême du feu pour François Hollande qui devient officiellement président de la république française ce mardi matin. La passation de pouvoir entre Nicolas Sarkozy et le vainqueur socialiste de l'élection a commencé à 10h. Tout a été minutieusement préparé. Sauf peut-être l'irruption de la pluie sur le parcours en voiture découverte vers l'Arc de Triomphe.

François Hollande est entré à l'Elysée par la cour d'honneur, accueilli au bas du perron par le président sortant Nicolas Sarkozy. Il s'est entretenu avec lui dans le bureau du chef de l'Etat, un tête-à-tête pour confier les codes nucléaires et évoquer les dossiers délicats.

Dehors, l'orchestre de la garde Républicaine jouait les morceaux choisis par François Hollande. Au terme d'une poignée de main, Nicolas Sarkozy a quitté le pouvoir, s'éloignant sans se retourner en tenant son épouse Carla Bruni-Sarkozy par la main.

"Je mesure le poids des contraintes..."

Le président s'est ensuite dans la salle des fêtes où il a reçu le Collier de Grand Maître de l'ordre de la légion d'honneur, après une allocution d'introduction du président du Conseil constitutionnel, Bernard Debré. François Hollande a fait ensuite son allocution, marquée par les termes de confiance et de justice. "J'adresse aux Français un message de confiance. Nous sommes un grand pays (...) La France s'est toujours comportée dans l'élévation, jamais dans l'abaissement". Il s'est engagé à "contribuer à la paix du monde et à la préservation de la planète". 

"Je mesure le poids des contraintes auquel notre pays doit faire face (...) mais je l'affirme ici, il n'y pas de fatalité dès lors qu'une volonté commune nous anime", a-t-il encore déclaré en regard de la situation économique qui affecte la France comme ses voisins européens. "La première condition de la confiance retrouvée, c'est l'unité de la nation", a-t-il dit, soulignant que la pays avait besoin d'apaisement et de réconciliation, sans distinction entre les Français, quelle que soit leur origine. "Je réaffirmerai en toutes circonstances nos principes intangibles de laïcité". Il s'est également avancé sur le plan de l'éthique: "La confiance, c'est l'exemplarité. Je l'assumerai pleinement. Je fixerai les priorités mais je ne déciderai pour tous, partout et pour tout". Il a évoqué les termes de simplicité et sobriété. "Loyauté, compétence et service de l'intérêt général seront les seules conditions pour l'exercice des hautes fonctions de l'Etat", a-t-il promis, s'interdisant d'influer directement sur les nominations.

"La confiance est dans la démocratie elle-même": démocratie locale, syndicale et citoyenne a-t-il détaillé. "'La confiance repose sur la justice dans les choix, dans la conception même de la production de richesse", a ajouté François Hollande, disant vouloir privilégier le mérite, le travail et la solidarité plutôt que la rente et les rémunérations exorbitantes. "La justice sera le seul critère sur lequel chaque décision sera prise au nom de la République". A l'égard des plus jeunes, il a dit vouloir leur rendre "la première place".

Un nouveau pacte pour la croissance

Enfin, sur cette grande ambition qu'on lui prête de vouloir remettre la croissance au premier plan en Europe, le nouveau président s'est engagé: "Bien des peuples en Europe nous attendent et nous regardent (...) A nos partenaires je proposerai un nouveau pacte qui alliera la rigueur budgétaire avec l'indispensable stimulation de l'économie."

Il a terminé cette brève allocution en rendant hommage à ses six prédécesseurs à la tête de la 5ème République: "Je salue mes prédécesseurs, tous ceux qui avant moi ont eu la responsabilité de conduire la République" a-t-il souligné, s’attardant sur chacun d'entre eux et en particulier sur François Mitterrand. A Nicolas Sarkozy, il a simplement adressé ses vœux pour la nouvelle vie s’ouvrant devant lui.

Il s'est attardé un long moment à saluer les personnes présentes, parmi lesquelles les anciens premiers ministres socialistes et nombre d'anciens ministres de François Mitterrand. On reconnaissait également Mazarine Mitterrand, fille de l'ancien président socialiste.

Hommages

Après cette partie officielle, il a passé en revue un détachement militaire inter-armées dans les jardins de l'Elysée tandis que résonnaient au loin les déflagrations des 21 coups de canon tirés depuis les Invalides. Il est ensuire revenu dans les salons de l'Elysée, s'attardant avec ses invités.

Dans la Citroën hybride, au look si peu habituel en ce genre de circonstances, choisie pour symboliser le développement durable, le nouveau chef de l'Etat sortira ensuite de l'Elysée pour une série d'hommages. Accompagné de la grand'garde de la Garde républicaine, il a d'abord remonté les Champs Elysées jusqu'à la place de l'Etoile, sous une pluie battante. Il a ravivé la flamme du soldat inconnu puis salué les représentants des anciens combattants avant de serrer à nouveau les mains des spectateurs. Trempé, il est ensuite revenu vers l'Elysée où il doit déjeuner avec les anciens Premiers ministres socialistes. A son retour à l'Elysée, à une journaliste qui lui demandait s'il ne craignait pas la pluie qui avait transformé son costume en éponge, il a répondu : "Je ne crains rien".

Il a donc décidé de placer son mandat sous plusieurs symboles: celui du soldat inconnu, sous l'Arc de Triomphe, celui de Jules Ferry, ministre de l'Education sous la IIIe République (la France lui doit l'école obligatoire) et enfin, François Hollande rendra hommage à Marie Curie, prix Nobel de physique et de chimie.

François Mitterrand, lui, avait choisi de déposer une rose sur la tombe de Jean Jaurès, au Panthéon.

T.N. avec  agences et Charline Vanhoenacker

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