France: quel scénario après le premier tour des régionales?

Au lendemain du premier tour des régionales, la France s'est réveillée avec un nouveau paysage politique, submergé par une vague bleu marine, celle du Front National. Premier parti du pays avec 27,96 %, le parti de Marine Le Pen arrive en tête dans 6 régions sur 13, notamment à nos frontières, au Nord Pas-de-Calais Picardie et en Alsace Champagne Ardenne Lorraine.

A 18 mois des élections présidentielles, la gauche est balayée, le Parti socialiste, qui était allié au parti Radical de gauche, obtient 23,5 %. Les Républicains, le parti de Nicolas Sarkozy, sont juste derrière l'extrême droite avec 26,89%.

Dans les 6 régions où le FN arrive en tête, se pose la question du désistement. Mais qui va se désister en faveur de l'autre ?

Nicolas Sarkozy: ni fusion ni retrait

La tactique des Républicains sera celle du "ni-ni", ni Front National ni Parti Socialiste. Nicolas Sarkozy espérait finir en tête, mais l'extrême-droite a fait mieux et pourtant, pas question de se désister au second tour au profit d'un socialiste.

Cette stratégie était cependant critiquée par certaines figures du parti, comme l'ancien ministre Jean-Pierre Raffarin ou le candidat à la présidentielle, Alain Juppé. Ils défendent, eux, l'idée d'un barrage républicain.

Mais "on ne change pas de stratégie au milieu du gué", explique François Fillon, et la stratégie du "ni-ni" a été entérinée lundi matin par le bureau politique du parti, à l'exception de Nathalie Kosciusko-Morizet et Jean-Pierre Raffarin.

Barrage républicain chez les socialistes

La direction du PS, elle, a été claire dès dimanche et le premier secrétaire du parti, Jean-Christophe Cambadélis, l'a répété ce lundi matin : il demande aux candidats arrivés troisièmes de se désister pour empêcher la victoire du FN.

Ainsi le PS devrait faire "barrage républicain" en retirant ses candidats dans les régions où le Front national peut l’emporter au deuxième tour: PACA, Nord Pas-de-Calais Picardie et en Alsace Champagne Ardenne Lorraine.

Le PS du Grand Est se maintient malgré tout

Dans cette dernière région aussi des voix dissonantes se font entendre : Jean-Pierre Masseret, troisième avec 16,11% a annoncé qu'il ne se retirerait pas. "Nous nous maintenons et nous pensons que c'est la meilleure
façon de nous opposer au Front national. Nous pensons que c'est en siégeant dans l'assemblée territoriale que nous pourrons le mieux faire reculer le Front national, en occupant la place dans l'opposition
", a-t-il dit. 

L'ancien secrétaire d'Etat aux Anciens combattants a indiqué que sa décision avait été "très difficile" à prendre.
"Mais nous pensons que dans la conjoncture politique actuelle (...) cette stratégie d'évitement n'est pas une
stratégie qui réussit puisqu'à chaque fois on constate que le Front national continue de marquer des points. Donc il faut en tirer les conséquences
", a-t-il dit.

"C'est pas l'évitement qui évite le Front national, c'est l'affrontement avec le Front national qui fera reculer ce parti et c'est à l'intérieur de cette assemblée territoriale que ces choses doivent se poser".

Par contre Christophe Castaner en PACA et Pierre de Saintignon dans le Nord Pas-de-Calais Picardie se désisteront.

Le "magnifique" résultat du FN

Du côté du parti de Marine Le Pen, c'est évidemment l'euphorie : "Nous avons vocation à réaliser l'unité nationale dont le pays à besoin", a affirmé Marine Le Pen qui a salué dès dimanche "un résultat magnifique" et revendiqué sa capacité à "réaliser l'unité nationale" et estimé que "la clé du scrutin est dans les mains des électeurs (…) Les incroyables scores du FN, c’est la révolte du peuple contre les élites".

Pour elle, "le fait de retirer un candidat au second tour est assez antidémocratique ".

"Etre utile dimanche prochain"

Le porte-voix du Parti de gauche Jean-Luc Mélenchon appele à "être utile dimanche prochain" au second tour, assurant "partager" la "douleur" mais aussi la "colère" de ses électeurs.

"Je partage la douleur et la stupeur de nombre d'entre vous, mais aussi la colère à l'égard de tous ceux qui nous ont entraînés dans cette impasse", déclare l'ancien candidat à la présidentielle sur son blog.

Marine Le Pen veut supprimer la coopération internationale de la région Nord

La dirigeante du parti d'extrême droite français Front national entend supprimer "toute la coopération internationale" de la région Nord-Pas-de-Calais Picardie, dont elle ambitionne de décrocher la présidence dimanche prochain.

"Je pense que ce n'est pas du tout le rôle de la région que de payer des moustiquaires aux détenus au Sénégal dans le cadre de la lutte contre le paludisme", a déclaré Marine Le Pen sur la radio RMC.

"Dans notre région où les maladies graves et le cancer notamment font des ravages, les enfants autistes, on est obligés de les envoyer en Belgique parce qu'on n'a pas de structures pour les accueillir", a-t-elle ajouté. Donc "je vais supprimer toute la coopération internationale (...) parce que chaque euro dépensé devra être un euro utile pour la région et les habitants", a poursuivi la candidate FN, arrivée en tête dans cette région avec plus de 40% des voix lors du premier tour des élections régionales dimanche.

La région Nord-Pas-de Calais mène une série de projets de coopération au Mali, au Sénégal, à Madagascar, au Brésil mais aussi dans la région polonaise de Silésie. L'enveloppe attribuée à ces projets est de moins de 6 millions d'euros sur un budget total de 1,7 milliard, selon l'exécutif régional. Marine Le Pen a par ailleurs réaffirmé son souhait de "mettre en oeuvre le patriotisme économique", si elle accède à la présidence de la région.

"Nous allons faire en sorte que l'argent public dépensé dans le cadre des marchés publics de la région bénéficie aux entreprises locales pour développer l'emploi local. Nous allons écarter les entreprises qui font appel à des travailleurs détachés", a-t-elle ajouté.

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