Attaque terroriste à Nice : trois morts dans une église, la France en niveau maximum "urgence attentat"

Trois personnes ont été tuées jeudi dans une église à Nice (Sud-Est), lors d'une "attaque terroriste islamiste" dénoncée par le président Emmanuel Macron, qui a promis que la France "ne cèderait rien" sur ses valeurs.

"C'est la France qui est attaquée. Au même moment, nous avions un site consulaire qui était attaqué en Arabie saoudite", a lancé le chef de l'Etat, qui s'est rendu à Nice peu après l'attentat perpétré dans la basilique Notre-Dame.

Une femme et un homme y ont été tués à coup de couteau par un homme qui a crié "Allah Akbar" ("Dieu est le plus grand", en arabe). Une autre femme, grièvement blessée, est décédée dans un bar proche où elle s'était réfugiée.

L'attaque a été dénoncée par le représentant du culte musulman en France, le CFCM, qui a appelé les musulmans de France à annuler, en "signe de deuil et solidarité", toutes les festivités prévues pour marquer "Al Mawlid" (ou "Mouloud", la naissance du prophète).

Les victimes sont une dame âgée que l'agresseur a tenté de décapiter et une mère de famille d'une quarantaine d'années, ainsi le sacristain de l'église, un laïc d'environ 45 ans, père de deux filles.

Un Tunisien de 21 ans

L'agresseur, blessé par balle lors de l'intervention de la police et transporté à l'hôpital, est un migrant Tunisien de 21 ans récemment arrivé par Lampedusa, en Italie.

La Tunisie a fermement condamné l'incident terroriste et a déclaré avoir ouvert une enquête. "Un engagement a été pris d'ouvrir une enquête à la suite des soupçons selon lesquels un Tunisien a commis une opération terroriste à l'extérieur du pays. L'enquête va se poursuivre", a déclaré Mohsen Dali, substitut du procureur général au tribunal de première instance de Tunis, interrogé par l'AFP au sujet de l'attaque de Nice

Nous ne cèderons rien

L'attentat, dont le parquet national antiterroriste s'est saisi, a poussé la France à remonter au niveau maximum "urgence attentat" son plan de sécurité Vigipirate.

Le président Macron a précisé que le nombre de soldats patrouillant dans les rues passerait de 3000 à 7000, et devront particulièrement protéger les lieux de culte, autour de la fête catholique de la Toussaint.

"Nous ne cèderons rien" sur les valeurs qui font la France, en particulier "la liberté de croire et ne pas croire", a martelé Emmanuel Macron, en apportant tout "le soutien de la Nation aux catholiques", visés une nouvelle fois après l'assassinat en 2016 du prêtre Jacques Hamel dans son église de Saint-Etienne-du-Rouvray (Ouest).

Le maire de Nice, Christian Estrosi, a souligné qu'après l'assassinat d'un enseignant près de son école, "c'est dans une église que la barbarie islamo-fasciste a choisi de frapper, c'est tout un symbole".

Samuel Paty, professeur d'histoire-géographie, assassiné le 16 octobre, a été pris pour cible parce qu'il avait montré en classe des caricatures du prophète Mahomet dans un cours sur la liberté d'expression, par un Russe tchétchène radicalisé, abattu peu après par la police. 

Manifestations anti-françaises

Des appels au boycott et des manifestations anti-françaises se sont multipliés depuis que le président Emmanuel Macron a affirmé, lors d'un hommage la semaine passée à ce professeur, ne pas vouloir renoncer au droit de publier des caricatures.

Dans cette atmosphère de colère dans le monde musulman, un Saoudien a été arrêté jeudi après avoir blessé avec un couteau un vigile du consulat français à Jeddah (Ouest de l'Arabie saoudite), dont les jours ne sont pas en danger.

Des manifestations anti-françaises ont continué jeudi, au Pakistan, en Afghanistan, en Libye, ou dans les Territoires palestiniens, certains brûlant des images de Emmanuel Macron ou agitant des affiches le caricaturant en chien ou en porc.

L'ancien Premier ministre malaisien Mahatir Mohamad, personnalité connue de la région, a justifié dans un tweet, supprimé par la suite, "la colère" des Musulmans qui, selon lui, "ont le droit de tuer des millions de Français pour les massacres du passé".

Un message de paix au monde musulman

Mais l'attaque de Nice a aussi suscité une vague de condamnations internationales. 

Mettant de côté de vives tensions ces derniers jours avec Paris autour des caricatures, la Turquie l'a "fermement condamnée", estimant que "ceux qui ont commis une telle attaque sauvage dans un lieu de culte sacré ne peuvent s'inspirer de quelque valeur religieuse, humaine ou morale que ce soit".

Le pape François a dit "prier pour les victimes", tandis que la conférence des évêques de France a souhaité que "les chrétiens ne deviennent pas une cible à abattre". De l'Union européenne aux Etats-Unis, en passant par l'Onu ou le Royaume-Uni, de nombreux pays ont apporté leur "solidarité" à la France.

Devant le Parlement jeudi, le chef de la diplomatie française a lancé un "message de paix au monde musulman", en soulignant que la France est "le pays de la tolérance", pas "du mépris ou du rejet".

La France subit depuis 2015 une vague d'attentats ans précédent, qui a fait 260 morts.

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