France: un monument commémorant le désarmement de l'ETA fait polémique

"Cette statue, je vous demande de considérer qu'elle participe au processus de paix (...) l'histoire dira si vous avez eu raison ou pas de ne pas voter cette délibération", a lancé aux opposants le maire de Bayonne, Jean-René Etchegaray (centriste)
"Cette statue, je vous demande de considérer qu'elle participe au processus de paix (...) l'histoire dira si vous avez eu raison ou pas de ne pas voter cette délibération", a lancé aux opposants le maire de Bayonne, Jean-René Etchegaray (centriste) - © Tous droits réservés

L'inauguration prévue dimanche d'un monument au cœur de Bayonne, dans le sud-ouest de la France, commémorant le premier anniversaire du désarmement de l'ETA provoque la colère d'élus et de proches des victimes de l'organisation indépendantiste basque.

Le conseil municipal de Bayonne a voté de justesse jeudi soir l'installation de cette oeuvre dans le vieux Bayonne, une sculpture en acier et fer forgé de 4m sur 8m de l'artiste basque Koldobika représentant une hache tournée vers le sol à partir de laquelle pousse un arbre. Une allusion au symbole de l'ETA, une hache autour de laquelle s'enroule un serpent.

20 conseillers municipaux n'ont pas souhaité prendre part au vote

Cette oeuvre est un don de Bake Bidea, mouvement en faveur des prisonniers basques, financé en partie par des particuliers. Son érection a été votée après un âpre débat par 23 voix pour, tandis que 20 conseillers municipaux n'ont pas souhaité prendre part au vote en signe de protestation.

"Cette statue, je vous demande de considérer qu'elle participe au processus de paix (...) l'histoire dira si vous avez eu raison ou pas de ne pas voter cette délibération", a lancé aux opposants le maire de Bayonne, Jean-René Etchegaray (centriste), l'une des chevilles ouvrières du désarmement.

Ce monument "nous paraît inapproprié", lui a répondu Henri Etcheto, chef de file de l'opposition socialiste et écologiste, demandant au maire "moins d'ostentation et plus de pudeur face aux victimes".

Avant même de créer la polémique à Bayonne, la sculpture en projet avait été fustigée par les associations des victimes de l'ETA en Espagne.

Les porte-parole du "Collectif des victime du terrorisme" (Covite) et des Victimes des forces de sécurité d'Espagne (ACFSEVT) ont estimé cette semaine dans la presse espagnole, notamment dans le journal Deia, qu'inaugurer cette oeuvre était "une humiliation directe et une insulte gratuite aux victimes du terrorisme".

 

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