Crash A320: au moins un Belge parmi les victimes

Première photo d’un débris du vol 4U9525.
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Première photo d’un débris du vol 4U9525. - © DENIS BOIS - BELGAIMAGE

Le vol 4U9525, un Airbus A320 de la compagnie Germanwings, s'est écrasé ce mardi peu avant 11 heures dans les Alpes-de-Haute-Provence, dans la région de Digne-les-Bains. Les 150 personnes à bord sont mortes. Le pilote était très expérimenté, l'avion en ordre de contrôles et les conditions météo n'étaient pas difficiles: les causes de ce crash restent donc un mystère. Mystère qui pourrait être en partie éclairci grâce à l'une des boîtes noires qui a été retrouvée.

Un avion de la compagnie Germanwings, filiale low cost de Lufthansa, qui devait assurer la liaison entre Barcelone (Espagne) et Düsseldorf (Allemagne) s'est écrasé dans le massif des "Trois évêchés", près de Digne-les-Bains. La zone de l'accident est extrêmement difficile d'accès.

"L'avion s'est écrasé dans le massif de l'Estrop. C'est une zone inaccessible à des véhicules, mais qui a pu être survolée par des hélicoptères", ce qui va certainement poser de gros problèmes aux équipes de secours qui se sont immédiatement dirigées vers les lieux de l'accident, a indiqué le secrétaire d'Etat français aux Transports, Alain Vidalies.

Un hélicoptère de la gendarmerie a immédiatement pris l'air et confirmé le crash, dans un massif montagneux qui culmine à plus de 2000 mètres d'altitude. Des débris ont été repérés par l'équipage de l'hélicoptère sur une zone de plusieurs kilomètres carrés.

Alain Vidalies a encore précisé que "les conditions météorologiques n'étaient pas spécialement mauvaises" au moment de l'accident.

Selon le journal La Provence, plus de 120 hommes ont été envoyés en renforts. Quarante hommes ont été dépêchés depuis le département du Vaucluse, et le service départemental d'incendie et de secours (SDIS) des Bouches-du-Rhône a dépêché un "détachement de soutien", composé de 80 sapeurs-pompiers et 15 engins de secours. Une des boîtes noires a été retrouvée, a confirmé mardi en début de soirée le ministre français de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve.

Il n'est cependant pas précisé s'il s'agit de la boîte noire contenant les enregistrements des paramètres de vol ou les enregistrements des échanges dans le cockpit. "L'exploitation immédiate de la boite noire permettra à l'enquête d'avancer rapidement", a assuré le ministre.

"A ce stade nous considérons qu'il s'agit d'un accident et toute autre chose relèverait de la spéculation", a déclaré Heike Birlenbach, vice-présidente de la compagnie pour les ventes et services en Europe, lors d'une conférence de presse à Barcelone.

Une enquête judiciaire et une enquête par le Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) ont été ouvertes et la zone est interdite au survol.

L'Espagne va observer trois jours de deuil national et le chef du gouvernement Mariano Rajoy se rendra mercredi dans la zone

Enquête ouverte pour homicide involontaire, une boîte noire retrouvée

Le député socialiste de la région, Christophe Castaner, a déclaré à Radio France qu'une boîte noire a d'ores et déjà été retrouvée. Le député accompagnait le ministre de l'Intérieur français, Bernard Cazeneuve, lors du survol du site de recherche.

"On a un avion qui a littéralement explosé, les corps sont très abîmés", a déclaré le procureur de la République de Marseille, Brice Robin, qui a ouvert une enquête pour homicide involontaire après avoir survolé le site.

L'avion, dont une demi-douzaine de gros débris ont été repérés, s'est écrasé dans une zone d'environ un hectare inaccessible à pied, a expliqué le lieutenant-colonel Jean-Paul Bloy, de la gendarmerie de Hyères (Var).

"Cela va être extrêmement compliqué pour relever les éléments sur place. Cela prendra des jours pour dégager d'abord les victimes, puis les débris", a-t-il dit en soulignant qu'il n'y avait "aucun rescapé". 

Les causes du crash sont encore inconnues

Concernant les causes de la catastrophe, il n'y a "aucune hypothèse pour l'instant", a ajouté le lieutenant-colonel.

Le général David Galtier, commandant de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur (Paca), a annoncé mardi en fin d'après-midi que des gendarmes resteraient en altitude pendant la nuit mais que, pour l'essentiel, ils figeraient la scène de l'accident.

"On est toujours dans une phase de recherches, il ne devrait pas y avoir d'hélitreuillage des corps avant mercredi", a-t-il déclaré à l’agence Reuters.

L’avion avait décollé ce mardi matin vers 10h00 de l’aéroport du Prat à Barcelone et s'est déclaré en état de détresse à 10h47 avant de disparaître des écrans radars à 11h, avait précisé la Direction générale de l'aviation civile (DGAC) dans un premier temps. Une version que la DGAC a ensuite elle-même démentie, indiquant que l'équipage de l'avion n'avait pas émis de message de détresse. "C'est le contrôle aérien qui a décidé de déclarer l'avion en détresse car il n'avait plus aucun contact avec l'équipage et l'avion", a indiqué l'agence.  

"L'avion a, selon notre connaissance, atteint à 10h35 la hauteur de 38 000 pieds mais au bout d'une minute, il a décroché et a commencé à perdre de l'altitude (…) pour se crasher à 10h53", a pour sa part indiqué Thomas Winkelmann, le patron de Germanwings. Ce dernier a également précisé que la descente de l'A320 accidenté en France mardi avait duré huit minutes. "Le contact avec l'avion a été perdu à 10h53 quand l'avion se trouvait à 6000 pieds (2000 mètres, ndlr)".

Lors de cette conférence de presse, le CEO de la compagnie low cost a également précisé que le dernier contrôle technique de l'appareil avait été effectué à l'été 2013. Le capitaine aux commandes de l'appareil avait 10 ans d'expérience. L'avion, lui, avait 6000 heures de vol.

Simulation du vol, avec indication de l'altitude

"Aucun survivant", au moins une victime belge

Il y avait 144 passagers à bord (dont deux bébés), deux pilotes et quatre hôtesses et stewards a confirmé la compagnie Germanwings.

"Il n'y a aucun survivant", a déclaré François Hollande vers midi. "C'est une nouvelle tragédie aérienne, il faudra connaître les causes et nous les livrerons aux autorités concernées, allemandes et espagnoles ainsi qu’aux familles des victimes", a-t-il ajouté.

Le président français est en contact avec la chancelière allemande Angela Merkel et les autorités espagnoles.

"Il y a de nombreuses victimes, 150", a déclaré le président français lors d'une déclaration commune avec le roi d'Espagne à l'Elysée. Beaucoup de passagers étaient de nationalité espagnole (45 selon les autorités espagnoles).

Le président français a précisé que les secours ne pourraient être apportés que dans quelques heures en raison de la difficulté d'accès de la zone.

"Je sais aussi qu'il y a des victimes d'autres nationalités, notamment allemandes et turques", a-t-il poursuivi. "Il n'y aurait pas de victime française mais je n'en ai pas encore la certitude". Lors de sa conférence de presse, le patron de Germanwings a indiqué que 67 passagers de nationalité allemande étaient présents dans l'appareil. La presse allemande indique par ailleurs qu'un groupe de 16 lycéens allemands de la ville d'Haltern, en Westphalie, rentrant d'un échange scolaire, étaient dans l'avion, accompagnés de deux professeurs.

"Je veux exprimer aux familles des victimes toute ma solidarité. Une cellule psychologique va être constituée", a ajouté le chef d'Etat français.

Un Belge résidant à Barcelone est lui aussi décédé dans ce crash, a indiqué le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders. 

 

"La priorité est d’acheminer du monde sur place"

"Tout est fait pour se rendre sur place, comprendre ce qu’il s’est passé et accueillir familles des victimes dans les meilleures conditions", a pour sa part expliqué le Premier ministre Manuel Valls sur les chaines d'information françaises.

"La priorité est d’acheminer du monde sur place, de confirmer l’absence de survivants si c’est le cas et puis après il y a la partie préservation d'indices et l'enquête qui va rentrer de suite en ligne de compte", a indiqué le capitaine Benoit Zeisser, du centre de crise de la gendarmerie de Digne-les-Bains, à la RTBF.

Il s'agit du premier crash d'un avion de ligne sur le sol français depuis l'accident du Concorde à Gonesse, près de Roissy, en juillet 2000. Cette catastrophe avait fait 113 morts.

RTBF avec agences

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