France: un agneau génétiquement modifié se retrouve dans les assiettes

France: la justice saisie de la vente illégale d'un agneau OGM sur le marché alimentaire
France: la justice saisie de la vente illégale d'un agneau OGM sur le marché alimentaire - © SVEN HOPPE - AFP

La justice française a été saisie de la commercialisation illégale d'une agnelle issue d'une mère génétiquement modifiée, envoyée à l'abattoir avec des animaux normaux et vendue à un particulier, a indiqué mardi l'institut de recherches qui l'a produite.

"Née dans le cadre d'un programme de recherche en cardiologie humaine (...), une agnelle issue d'une mère génétiquement modifiée a été transférée le 5 août 2014 vers un abattoir partenaire avant que sa carcasse ne soit vendue à un particulier", précise dans un communiqué l'Institut national de la recherche agronomique (Inra). "Bien que cet ovin ne présente aucun risque pour l'homme ou l'environnement, l'institut vient d'informer le parquet de Meaux (est de Paris) de cette infraction au code de l'environnement", ajoute l'Inra.

"Les faits avaient en effet été dissimulés par un agent" de la structure où était gardée l'agnelle, poursuit l'Inra. Le parquet de Meaux a transmis l'affaire au pôle de santé publique du Tribunal de grande instance de Paris, a précisé à l'AFP une source judiciaire.

"Des actes individuels inadmissibles ont été commis"

Selon le quotidien Le Parisien, qui a fait sa une de "la folle affaire du mouton OGM", l'agnelle, dont la mère portait des protéines de méduse vert fluorescent, s'appelait Rubis et avait été transférée délibérément à l'abattoir avec des animaux sains par un animalier qui souhaitait piéger son chef d'équipe avec lequel il était en conflit.

"Nous avons la certitude que des actes individuels inadmissibles ont été commis", a reconnu le président du centre Inra de Jouy-en-Josas (sud-ouest de Paris), Benoît Malpaux, lors d'une conférence de presse. "L'erreur qui a été commise a été de déplacer cet animal" de son enclos vers celui qui abritait des animaux destinés à l'abattoir, a-t-il ajouté. "Les fins, le mobile, nous ne les connaissons pas précisément", mais "l'ambiance qui régnait au sein de cette équipe peut être à l'origine de ces comportements", selon le dirigeant.

Cette affaire éclate alors que les OGM continuent de susciter une profonde méfiance en France.

L'Union européenne a autorisé en avril l'importation et la commercialisation de 19 OGM, sans attendre l'accord des Etats membres sur sa proposition de réforme leur permettant de les interdire sur leur territoire, au grand dam de la France et des écologistes.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK