France : procédure de dissolution du groupe d'extrême droite anti-migrants "Génération identitaire"

Gérald Darmanin, récemment à l'Assemblée nationale et manifestation du groupe "génération identitaire" le 17 novembre 2019 à Paris
Gérald Darmanin, récemment à l'Assemblée nationale et manifestation du groupe "génération identitaire" le 17 novembre 2019 à Paris - © AFP

 Une procédure de dissolution a été engagée en France contre le groupe d'extrême droite anti-migrants Génération identitaire, réclamée de longue date par plusieurs associations et partis politiques du pays, a annoncé samedi soir le ministre français de l'Intérieur Gérald Darmanin. "Génération identitaire: la procédure de dissolution est enclenchée", a tweeté le ministre, précisant que l'organisation avait désormais dix jours pour faire valoir ses arguments.

Le ministre avait évoqué cette procédure dès le 26 janvier en se disant "scandalisé" après une opération anti-migrants du groupuscule dans les Pyrénées françaises qui a donné lieu à l'ouverture d'une enquête préliminaire pour "provocation publique à la haine raciale". SOS Racisme a également porté plainte.

Une trentaine de militants du groupe d'extrême droite, dans des voitures sérigraphiées "Defend Europe", s'étaient déployés le 19 janvier près de la frontière espagnole, certains partant en randonnée en utilisant un drone pour surveiller la frontière. Les actions du groupuscule pourraient relever, selon le code de la sécurité intérieure (CSI), de "provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence envers une personne ou un groupe de personnes en raison de leur origine". La présidente du parti d'extrême droite Rassemblement national, Marine Le Pen, s'était élevée le 27 janvier contre le projet de dissolution de Génération identitaire en invoquant la liberté d'expression. "Ce qui scandalise M. Darmanin doit faire l'objet d'une dissolution. Ça ce n'est pas l'État de droit", avait-elle estimé.


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Plusieurs dissolutions 

En décembre, Génération identitaire et trois de ses cadres avaient été relaxés par la cour d'appel de Grenoble (sud-est) pour des précédentes opérations anti-migrants menées en 2018 dans les Alpes françaises à la frontière franco-italienne. En 2019, les dissolutions de plusieurs groupuscules d'ultradroite, dont Bastion social, Blood and Honour et Combat 18, ont été prononcées à la demande du président français Emmanuel Macron, mais celle de Génération identitaire apparaissait plus difficile à matérialiser.

"Ils sont plus malins que les autres, essaient autant que possible de ne pas franchir les lignes jaunes, mais poussent le bouchon à chaque fois un peu plus loin", soulignait alors auprès de l'AFP le ministère de l'Intérieur. Le siège de Génération identitaire est installé à Lyon (sud-est) mais l'association dispose également d'une section historique à Paris et d'antennes dans plusieurs villes de province, dans le sud à Dijon, Aix-en-Provence et Montpellier ainsi qu'en Normandie.

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