France: "près de 60%" des radars routiers dégradés depuis le début du mouvement des "gilets jaunes"

Près de 60% des radars ont été vandalisés depuis le début du mouvement des "gilets jaunes" en France. Des dégradations dont l'impact sur la sécurité routière inquiète gouvernement français et associations, alors que le nombre de tués sur les routes a chuté en 2018.

L'exécutif se refusait jusqu'à présent à chiffrer les radars endommagés ou détruits pour ne pas encourager ce phénomène qui a explosé depuis le début de la contestation des "gilets jaunes" mi-novembre. 

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a brisé l'omerta jeudi: "Près de 60% des radars ont été neutralisés, attaqués, détruits par celles et ceux qui se revendiquent de ce mouvement", a-t-il déclaré. Soit près de 2000 des 3200 radars fixes déployés sur les routes (dont 2500 pour contrôler la vitesse).

Conséquence de ces dégradations: le nombre d'excès de vitesse a bondi de 20% en décembre, selon la Sécurité routière. "C'est dramatique. Quand on augmente la vitesse, on augmente le nombre d'accidents. Il s'agit de vies et de morts, de blessures, de handicaps", souligne le délégué interministériel à la Sécurité routière, Emmanuel Barbe.

Bien qu'endommagés, un certain nombre de radars continuent de constater les infractions, sous les yeux des autorités impuissantes. "Un radar comporte deux systèmes couplés: un qui mesure la vitesse et l'autre qui photographie. Sur ces radars (endommagés), la mesure est prise, l'information est envoyée (au centre de traitement, ndlr), mais la photo est voilée ou noire" donc inexploitable pour verbaliser, explique Emmanuel Barbe.

Cette recrudescence inquiète, alors que les autorités ont réussi à inverser la tendance à la hausse du nombre de morts enregistrée depuis 2014 (3684 tués en 2017). Le bilan de la mortalité routière pour 2018, attendu fin janvier, s'annonce très positif: avec 3.176 morts sur les onze premiers mois de l'année, la France comptait en novembre 193 tués de moins qu'en novembre 2017, ce qui devrait permettre d'atteindre un niveau proche du plus-bas historique de 2013 (3427 tués).
 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK