France: premières critiques pour le grand débat national

Dans une lettre aux Français, Emmanuel Macron, empêtré dans la crise des "gilets jaunes", a appelé "le plus grand nombre de Français" à participer à un grand débat national. "Ce n’est ni une élection, ni un référendum", prévient le chef de l'Etat qui balise le débat autour d'une trentaine de questions et ouvre la porte à des réformes importantes comme le référendum d'initiative citoyenne.

Quatre grands thèmes sont sur la table du débat : pouvoir d'achat, fiscalité, démocratie et environnement. Est exclue toute remise en cause de l'IVG, de la peine de mort et du mariage pour tous. "L'idée c'est d'aller partout, dans tous les interstices des territoires et de la République et de n'oublier personne" assure le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux. Le débat doit se poursuivre jusqu'à mi-mars, les remontées seront ensuite traitées et des décisions annoncées avant fin avril, a-t-il promis.

Edouard Philippe doit préciser les contours de la consultation dans un communiqué attendu lundi en deuxième partie de journée.

Une consultation décriée avant même son début

Reste à voir comment cette lettre sera reçue par les Français. La consultation est contestée avant même d'être lancée mardi. Nombre de "gilets jaunes" lui niaient samedi toute légitimité, affirmant que le vrai débat était aujourd'hui "dans la rue". Une partie des "Gilets jaunes" y voient une "manoeuvre politique" quand l'opposition, des Républicains au Rassemblement national en passant par la France insoumise, dénonce pour sa part un "enfumage" et un "artifice grossier".

Très critique également, le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure a toutefois fait savoir dimanche qu'il souhaitait "participer personnellement" au débat et "que les socialistes y participent avec leurs propositions et se fassent entendre dans un débat national".

Même tonalité chez la porte-parole des Républicains, Laurence Sailliet, qui lundi matin sur LCI a indiqué que le parti de Laurent Wauquiez "apporterait ses contributions".

"Avant tout, ce que nous voulons c'est sortir du chaos et c'est ce qui nous différencie des partis extrémistes que sont La France insoumise mais surtout le Front national qui vit sur ce
chaos et qui surfe sur la souffrance des Français"
, a-t-elle dit. "Nous sommes d'un parti de gouvernement et nous voulons participer à la sortie de la France du chaos".

Selon un sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour Le Figaro et France Info publié la semaine dernière, 81% des Français ont entendu parler du débat. Quelque 77% estiment qu'il ne sera pas mené "de façon indépendante du pouvoir" et 70% s'attendent à ce qu'il ne soit pas utile pour le pays.

Un duo de ministres chargé de l'animation du grand débat

La secrétaire d'État auprès du ministre de la transition écologique Emmanuelle Wargon et le ministre chargé des Collectivités territoriales Sébastien Lecornu ont été chargés d'animer le grand débat national, ont annoncé lundi plusieurs sources gouvernementales.

Lecornu devrait plus spécifiquement s'occuper de la place des élus et Wargon de celle de la société civile dans cette grande consultation voulue par Emmanuel Macron pour sortir de la crise des gilets jaunes.

Dès mardi, Emmanuel Macron éprouvera le débat en se rendant dans une petite commune de l'Eure, Grand Bourgtheroulde, aux côtés de 600 maires et élus de Normandie. Il multipliera ensuite les déplacements pendant deux mois pour inciter les Français à se saisir de l'opportunité de dialoguer et "rendra compte directement" du débat dans le mois suivant sa fin.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK