France: premier "gilet jaune" reçu par le Premier ministre avant une nouvelle manifestation à Paris

À deux jours d'une nouvelle manifestation, le gouvernement a indiqué que les Champs Élysées seraient uniquement ouverts aux piétons samedi
À deux jours d'une nouvelle manifestation, le gouvernement a indiqué que les Champs Élysées seraient uniquement ouverts aux piétons samedi - © Tous droits réservés

Edouard Philippe a discrètement reçu un premier "gilet jaune" jeudi à la veille de son rendez-vous avec une délégation de ce mouvement social disparate, mais de plus en plus populaire.

À deux jours d'une nouvelle manifestation annoncée à Paris, le gouvernement a indiqué que les Champs-Elysées, théâtre d'échauffourées le 24 novembre, seraient uniquement ouverts aux piétons samedi.

Jeudi après-midi, à l'abri des caméras, le Premier ministre a, selon son entourage, reçu Patrick de Perglas, "gilet jaune" qui était parti à pied de Chalon-sur-Saône le 21 novembre pour porter ses revendications à Paris. Ce premier contact précède la rencontre prévue vendredi à 14h à Matignon, point d'orgue de deux jours de rencontres commencées jeudi matin au bureau de Premier ministre français pour dessiner la "grande concertation" locale de trois mois voulue par Emmanuel Macron.


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Deux des huit représentants désignés mais contestés au sein du mouvement, Priscillia Ludosky et Éric Drouet, ont déjà été reçus mardi par le ministre de la Transition écologique, François de Rugy. Éric Drouet, un chauffeur routier de Seine-et-Marne, a déjà signifié son refus de se rendre à Matignon, car "aucune délégation n'a encore le rôle de représenter les 'gilets jaunes'", a-t-il écrit sur Facebook.

Revendications et manifestation

De nombreux députés ont reçu un courriel jeudi issu d'une adresse "giletsjaunes1", contenant une liste assez large de revendications incluant entre autres, le SMIC à 1.300 euros nets, un plan d'isolation des logements, la fin de la hausse des taxes sur le carburant, la retraite à 1.200 euros minimum.

Sur le terrain, les "gilets jaunes" se donnent rendez-vous samedi, notamment sur les Champs-Élysées, pour l'acte 3 de leur mobilisation contre les taxes sur le carburant et pour la hausse pouvoir d'achat.

Jeudi soir, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a annoncé que la grande artère parisienne serait fermée à la circulation mais ouverte "aux piétons", avec "des contrôles d'identité systématiques", au moyen d'un "dispositif très resserré, très hermétique".

De source policière, un peu plus de 3.500 "gilets jaunes" ont participé jeudi matin à plus de 280 "actions de voie publique", notamment des blocages de plateformes logistiques et de dépôts de carburant. Symbole du ras-le-bol fiscal, les accès à quelques perceptions ont été bloqués. À Montargis (Loiret), onze "gilets jaunes" sont en garde à vue pour avoir commencé à murer le centre des impôts.

Sur internet, une pétition "pour une baisse des prix du carburant à la pompe", lancée par l'une des figures du mouvement, a dépassé jeudi le million de signatures.

À La Réunion, paralysée depuis treize jours par le mouvement, la ministre de l'Outre-mer Annick Girardin a annoncé la création de 1.000 emplois aidés supplémentaires avant la fin de l'année.

Concertation

À Matignon, Édouard Philippe a commencé, avec des élus locaux, un marathon d'entretiens avec les membres du Conseil national de la transition énergétique (CNTE), un organe consultatif qui réunit 50 membres de divers horizons (patronat, syndicats, ONG environnementales, société civile, élus locaux et parlementaires).

La quasi-totalité des élus locaux reçus ont réclamé un nouveau "geste" de l'exécutif, afin que la concertation de trois mois dans les départements souhaitée par Emmanuel Macron puisse avoir lieu de façon "sereine".

Certains ont réclamé un moratoire sur la hausse de la taxe carbone prévue au 1er janvier. D'autres ont laissé le gouvernement décider de la nature de ce geste mais réclamé qu'il intervienne avant Noël ou avant le début des débats locaux.

L'idée d'un moratoire fait débat dans la majorité macroniste.

Dans la journée, les membres du patronat reçus à Matignon ont mis en garde contre l'impact économique des "gilets jaunes". Dans un communiqué, la Fédération du commerce et de la distribution (FCD) affirme de son côté qu'un troisième week-end de "blocage des magasins et des entrepôts" serait "catastrophique" pour le commerce.

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