France: "Plus grave encore que l'affaire Bettencourt " ?

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Depuis plusieurs mois, un dossier d'évasion fiscale présumée retient l'attention en France. Il concerne le collectionneur de tableaux Daniel Wildenstein, dont les fils auraient dissimulé une large part de la fortune au fisc. Sans réaction des autorités pourtant mises au parfum.

Estimée à trois milliards d'euros, la fortune de Daniel Wildenstein, décédé en 2001, aurait été ramenée à quelques misérables 42 millions d'euros dans la déclaration de succession faite au fisc français. Le reste aurait été caché dans des trusts logés dans différents paradis fiscaux par les deux fils de Daniel Wildenstein. C'est du moins ce que prétend, preuves à l'appui, la veuve du collectionneur et belle-mère de Guy et Alec Wildenstein.

Et elle accuse franchement : les services fiscaux et les ministres du Budget, Eric Woerth puis François Baroin n'ont pas levé le petit doigt lorsqu'elle leur a fait part de ses soupçons d'évasion fiscale. Et la plainte qu'elle avait déposée en 2009 n'a pas ému le parquet de Paris, avant qu'il soit contraint d'ouvrir une information judiciaire pour "abus de confiance" lorsqu'une deuxième plainte avec constitution de partie civile eut été introduite par Sylvia Wildenstein. Une nouvelle plainte a encore été déposée par la veuve du collectionneur le 20 septembre dernier  et celle-ci met clairement en cause les liens de l'un des fils, Guy, avec l'UMP.

C'est que Guy Wildenstein fait lui aussi partie du "premier cercle" des donateurs de l'UMP. Et lui aussi a reçu la Légion d'honneur, des mains de Nicolas Sarkozy. Des circonstances qui rappellent étrangement l'affaire Bettencourt. D'aucun relèvent aussi que Guy Wildenstein est un habitué du champ de courses de Chantilly, fréquenté par Eric Woerth, maire de Chantilly, et son épouse Florence.

Encore le "premier cercle"

Une grande fortune, proche de Nicolas Sarkozy et d'Eric Woerth, soupçonné d'évasion fiscale et un ministre accusé de passivité complice, c'est beaucoup. "Cette affaire est plus grave encore que l'affaire Bettencourt" explique l'avocate de Sylvia Wildenstein Me Dumont-Beghi, qui demande la jonction de toutes les plaintes et espère bien voir un juge d'instruction nommé. Ce serait alors une différence majeure avec l'affaire Bettencourt où, malgré les demandes répétées de l'opposition et de nombreux acteurs du dossier, le procureur de la République de Paris se refuse toujours à désigner un juge d'instruction.

Au ministère français des Finances, on conteste avoir fait preuve de passivité. "Quand on reçoit ce type de courriers, on regarde les renseignements et on les exploite. C'est le cas dans cette affaire, répondaient en juillet au Journal Du Dimanche les services de Philippe Parini, le directeur général des Finances publiques. "Mais on ne peut pas vous dire s'il y a une enquête ou un contrôle en cours, c'est le secret fiscal", se justifiaient-il. Même réponse au cabinet d'Eric Woerth, où on assurait au début de l'été que ce dernier n'était en aucun cas intervenu dans ce dossier "complexe".

 

T.N. avec Le Monde

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