France : plus de 1000 médecins démissionnent pour dénoncer les conditions de travail dans les hôpitaux

Action symbolique du personnel médical de Douai. Ici, 8 médecins démissionnent aujourd'hui.
Action symbolique du personnel médical de Douai. Ici, 8 médecins démissionnent aujourd'hui. - © Tous droits réservés

C’est une opération coup de poing que vont mener aujourd’hui plus de 1000 chefs de service et responsables hospitaliers. Ils ont annoncé leur intention de démissionner de leurs fonctions d’encadrement et de leurs postes administratifs si le gouvernement n’ouvre pas sans délai des négociations sur les moyens alloués aux hôpitaux, où le malaise persiste en dépit d’un plan d’urgence dévoilé fin novembre.

Les signataires formulent leurs desiderata dans une lettre adressée à la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, et rendue publique par le quotidien français Libération.

"C’est pour vous alerter solennellement que nous avons pris en toute responsabilité la décision inédite et difficile de démissionner collectivement à partir du 14 janvier 2020 si à cette date des négociations ne sont pas engagées", écrivent-ils.

Les chefs de service en colère réclament "une revalorisation significative des salaires", "une révision profonde du mode de financement" et rejettent toute nouvelle économie.

"On vit des situations incroyables"

Jean-Luc Jouve, qui dirige le pôle pédiatrique d’un hôpital marseillais, fait partie de ceux qui vont démissionner de leurs fonctions administratives, il rompra le lien avec sa hiérarchie. Sur France 2, il s’expliquait ce week-end : "On vit des situations incroyables. Par exemple, lorsqu’une infirmière tombe enceinte, ce qui est tout à fait normal, elle n’est pas remplacée. On ferme les lits, on décommande des interventions, tout le monde est en stress".

Régis Legré, chef d’un service de chirurgie de la main à Marseille, partira bientôt à la retraite. Il démissionnera lui aussi, alors qu’à 66 ans, il n’y a toujours personne en lice pour reprendre sa fonction de chef de service. "Quand on pense qu’il n’y a plus un anesthésiste qui veut rester dans un système hospitalier, c’est grave ! D’autant plus que quand nous, chirurgiens, nous n’avons pas d’anesthésiste, nous ne pouvons plus opérer."

Premières mesures

Le 20 novembre, l’exécutif a annoncé un train de mesures, notamment la reprise de 10 milliards d’euros de dette des hôpitaux publics sur les comptes de l’Etat et une prime annuelle de 800 euros pour les infirmiers et aides-soignants de la région parisienne les moins bien rémunérés.

"C’est trop peu, trop partiel, trop étalé dans le temps", répondent les auteurs de la lettre adressée à Agnès Buzyn.

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