France: Macron démissionne, Michel Sapin nommé ministre de l'Economie et des Finances

Macron quitte son poste de ministre de l'Economie pour se consacrer à son mouvement.
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Macron quitte son poste de ministre de l'Economie pour se consacrer à son mouvement. - © Belga - Fotor

Le président François Hollande a accepté la démission de son ministre de l'Economie Emmanuel Macron. C'est Michel Sapin qui garde les Finances qui reprendra le ministère de l'Economie, un poste qu'il avait déjà occupé sous François Mitterrand en 1992 et 1993.

Emmanuel Macron aurait démissionné, "pour se consacrer entièrement à son mouvement 'En marche!'" et parce qu'il ne voulait plus se conformer aux règles fixées par François Hollande pour rester au gouvernement, explique-t-on à l'Elysée. "Le président de la République avait fixé des règles très claires, qu'il avait encore rappelées le 14 juillet, par rapport à la cohérence et l'efficacité de l'action gouvernementale", 

Son remplacement au ministère de l'Economie par Michel Sapin, qui conserve aussi le portefeuille des Finances, "c'était la solution la plus simple et la plus efficace pour conduire et poursuivre la politique engagée depuis 2012", précise cette même source citée par Reuter. "Michel Sapin, c'est le choix de l'efficacité avec un pilotage unique de Bercy."

Pas encore candidat

Emmanuel Macron n'annoncera pas ce mardi s'il est candidat à l'élection présidentielle de 2017, a déclaré la porte-parole de son mouvement politique, "En Marche!" : Julie de La Sablière a ajouté qu'il s'agissait d'abord d'établir un diagnostic, qui sera présenté fin septembre, puis de faire des propositions. Ensuite viendront "les questions de personnes", a-t-elle déclaré.

Ancien haut fonctionnaire formé aux écoles de l'élite, ex-banquier d'affaires chez Rothschild, cet homme aux prises de position iconoclastes âgé de 38 ans doit sa carrière gouvernementale au président socialiste François Hollande qui en a fait une pièce maîtresse de l'exécutif.

Emmanuel Macron avait remplacé Arnaud Montebourg après son départ forcé du ministère de l'Economie, de l'Industrie et du Numérique le 26 août 2014.

Il a donné son nom à une loi promulguée en août 2015 destinée à libéraliser certains secteurs d'activité (transports routiers, notaires, ouverture de certains commerces le dimanche, etc). Sa présence au gouvernement a aussi été marquée par de nombreuses déclarations dénoncées par une partie de la gauche et une rivalité croissante avec le Premier ministre, figure comme lui de l'aile réformiste du parti socialiste.

En avril dernier, le ministre avait lancé son propre mouvement politique "En Marche!" à la ligne social-libérale avec notamment un meeting parisien le 12 juillet au cours duquel il avait promis à ses soutiens "la victoire" en 2017.

En mai, l'un de ses principaux soutiens, le sénateur-maire de Lyon Gérard Collomb avait déclaré qu'Emmanuel Macron serait "naturellement" candidat à l'Elysée en 2017 si François Hollande, très impopulaire depuis son élection en 2012, ne remontait pas dans les sondages.

Une sortie très commentée

Les médias et la twittosphère ont vivement commenté l'annonce de sa démission qui avait été faite quelques heures plus tôt.

"C'était tout sauf une surprise" : c'est la réaction à la démission de Macron d'Olivier Faure, porte-parole du PS, pour qui "tout le monde avait compris qu'il a fait le choix de partir de ce gouvernement et donc de retrouver une parole différente".

Pour Gérard Filoche, membre de l'aile gauche du PS : "Les idées qu'il affiche vont s'évaporer rapidement. Jamais il n'aurait dû être d'un gouvernement issu de la gauche. Son discours est éphémère, ses conceptions rétrogrades, avec lui c'était retour au 19e siècle."

Jean-Luc Mélenchon a réagi à la démission d'Emmanuel Macron en tweetant : "Macron quitte le gouvernement pour être candidat. Hollande ne produit que des monstres politiques".

Christian Estrosi, président de la région Paca et soutien de Nicolas Sarkozy, estime pour sa part que c'est "un signe supplémentaire de la débandade et de l'affaiblissement de François Hollande".

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