France: le "Woerthgate" prend de l'ampleur

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L'enquête qui a permis de découvrir la source des informations transmises au Monde sur l'affaire Woerth-Bettencourt continue de faire des vagues. Le procureur de Paris a demandé des explications. Et au sein de la police, tout le monde n'est pas sur la même longueur d'onde.

Lundi, le Monde annonçait son intention de déposer plainte contre X après avoir découvert que des écoutes avaient permis de mettre au jour la source qui leur transmettait des informations. Et non des moindres, puisqu'il s'agissait des comptes-rendus d'audience de plusieurs personnages centraux du dossier Woerth-Bettencourt.

Le Monde pointait carrément l'Elysée - et donc le président Nicolas Sarkozy - comme étant à l'origine de cette enquête. Mais l'Elysée a démenti. Il demeure qu'une "vérification technique" a bien été ordonnée, et qu'elle a permis de remonter jusqu'à un conseiller de la Garde des Sceaux, Michèle Alliot-Marie. L'homme a été, depuis, envoyé en mission à Cayenne.

Demande d'explications

Mardi matin, le procureur de Paris, Jean-Claude Marin, expliquait avoir demandé à la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) quelle était la teneur des "vérifications techniques" ordonnées par le directeur général de la police nationale, Frédéric Péchenard. Celui-ci avait publié un communiqué lundi dans lequel il justifiait l'enquête par des motifs de "protection des institutions". En agissant ainsi, le patron de la police nationale, nommé à ce poste après l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence, disculpait de facto l'Elysée. Il précisait également avoir consulté préalablement une "personnalité qualifiée" désignée par la Commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité (CNCIS), une procédure requise pour éviter les abus en matière d'écoutes et de techniques spéciales d'investigation.

Démenti

Mais le directeur général de cet office, Rémi Recio, affirme de son côté qu'une telle demande aurait été purement et simplement écartée puisque l'intervention d'une "personnalité qualifiée" n'aurait pu intervenir que dans un contexte de prévention de faits de terrorisme.

La confusion qui règne autour de cette enquête donne manifestement au Monde des arguments supplémentaires. Et le quotidien ne se prive pas d'en user : il cible à nouveau l'Elysée, accusant le pouvoir d'étouffer la justice et la presse et de privilégier ses intérêts propres.

Dans le camp présidentiel, on évoque une "croisade" contre Nicolas Sarkozy, et l' "agressivité" d'un journal qui "se permet d'accuser sans preuve". Il n'y a guère que Dominique de Villepin pour s'étonner du cafouillage au sein de l'exécutif. Mais qui s'en étonnera ?

 

Thomas Nagant

 

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