France: le trésorier du RN mis en examen à son tour dans l'affaire des emplois fictifs

France: le trésorier du RN mis en examen à son tour dans l'affaire des emplois fictifs
France: le trésorier du RN mis en examen à son tour dans l'affaire des emplois fictifs - © JACQUES DEMARTHON - AFP

Le trésorier du Rassemblement national (RN) Wallerand de Saint-Just a été à son tour mis en examen à Paris en octobre dans l'affaire des emplois présumés fictifs de l'ex-FN au Parlement européen, a-t-il confirmé ce jeudi à l'AFP après un article paru dans Challenges.

Wallerand de Saint Just, qui ne faisait pas partie jusque-là de la quinzaine de personnes déjà poursuivies dans cette enquête, a confirmé mercredi être mis en examen pour "complicité de détournements de fonds publics".

Il avait cependant été placé en garde à vue le 14 septembre 2017, mais en était ressorti libre et sans poursuites après une dizaine d'heures d'interrogatoire par les policiers de l'Office anticorruption (Oclciff) à Nanterre.

Il avait reconnu de possibles "erreurs" au regard d'une réglementation européenne "très rigide" mais avait contesté "toute volonté de captation des fonds publics", selon son audition dont a eu connaissance l'AFP.

Jamais commis personnellement d'acte de complicité

"Je ne comprends pas pourquoi j'ai été mis en garde à vue en septembre 2017, suis ressorti libre de toute charge, et que ce n'est que maintenant, un an après, que j'ai été convoqué par les juges", a-t-il réagi jeudi auprès de l'AFP.

"Je n'ai jamais commis personnellement d'acte de complicité. Jamais je ne me suis occupé de ces affaires d'embauches d'assistants parlementaires", s'est-il défendu.

Depuis fin 2016, les juges Claire Thépaut et Renaud Van Ruymbeke enquêtent sur un possible "système" organisé "de manière concertée et délibérée" par le parti et sa présidente Marine Le Pen pour financer des salaires de ses permanents en détournant les fonds de l'Union européenne destinés à l'emploi d'assistants parlementaires.

Parmi les indices, les enquêteurs ont saisi une lettre cruciale de Wallerand de Saint Just. "Dans les années à venir et dans tous les cas de figure, nous ne nous en sortirons que si nous faisons des économies importantes grâce au Parlement européen", écrivait le trésorier le 16 juin 2014, quelques semaines après la percée du parti au Parlement où il était passé de 3 à 24 députés.

Abus de confiance

L'enquête cible 17 députés et une quarantaine de collaborateurs parlementaires pour un préjudice évalué par le Parlement européen à 6,8 millions d'euros entre 2009 et 2017.

L'information judiciaire cumule à ce stade une quinzaine de mises en examen connues, pour "abus de confiance", complicité ou recel de ce délit dont le Front national comme personne morale, la présidente Marine Le Pen et son compagnon Louis Aliot.

Les magistrats ont commencé cet automne à alourdir toutes les mises en examen, confortés par une jurisprudence récente de la Cour de Cassation qui autorise les poursuites pour "détournements de fonds publics" contre des parlementaires.

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