France: le PDG de Renault fait marche-arrière

Carlos Ghosn, PDG de Renault
Carlos Ghosn, PDG de Renault - © Pierre Verdy (AFP)

Début janvier, trois cadres du constructeur automobile Renault ont été virés, accusés d'espionnage. Des accusations qui se sont dégonflées. Directement visé, le patron de Renault reste en place, mais il devra rendre des comptes.

Carlos Ghosn est le PDG de Renault. Il s'exprimait ce lundi soir sur le plateau de TF1. Et c'est une sortie plutôt rare à laquelle les spectateurs ont eu droit. "Je me suis trompé, nous nous sommes trompés". En une petite phrase, tout semble dit. Carlos Ghosn présente d'emblée ses excuses aux trois cadres "remerciés" et à leurs familles. "Je m'engage, ainsi que la direction de Renault, à les réintégrer et à leur donner des indemnités qui soient à la mesure du préjudice qu'ils ont subi". 

Pour mieux comprendre ce bel exercice de rétropédalage, il faut un petit effort de mémoire. Au début de cette année, ces trois hommes, cadres chez Renault, apprennent avec stupéfaction qu'ils sont soupçonnés d'espionnage industriel. Ils auraient vendu à une entreprise chinoise certains secrets de fabrication de la voiture électrique sur laquelle Renault mise énormément pour le futur. Ils auraient même un compte en banque en Suisse et au Liechtenstein. Les trois cadres ont beau protester vivement, ils sont virés sur le champ. 

Renault se justifie alors dans les médias. D'abord via son avocat. Me Jean Reinhart l'affirmait, "on a compris qu'il y avait de l'espionnage industriel au sein de Renault". "Et ça, c'est extrêmement grave". 

Et trois jours plus tard, c'est le patron en personne qui vient exprimer ses "certitudes" de faire face à de l'espionnage. 

Des allures d'escroquerie

Après le travail de la justice, voici donc les certitudes envolées... Et l'affaire prend désormais l'allure d'une escroquerie.  

"L'amateurisme invraisemblable" dans la fausse affaire d'espionnage chez Renault fait qu'"on ne pourra pas laisser cela sans suite" même si la démission du PDG Carlos Ghosn n'est "pas le sujet aujourd'hui", a déclaré mardi le porte-parole du gouvernement français François Baroin sur LCI.

Sur RTL, le ministre de l'Industrie Eric Besson a affirmé un peu plus tôt que les excuses publiques de Carlos Ghosn ne marquaient pas "la fin de cette histoire", et indiqué attendre les résultats d'un audit interne sur cette affaire.

Un responsable de la sécurité de l'entreprise est en tout cas sous les verrous depuis d"imanche. Les trois cadres, eux, ont porté plainte pour pour dénonciation calomnieuse. Et l'un d'entre eux a déjà fait savoir qu'il ne souhaitait pas retravailler chez Renault. 

AdC avec Ph. Antoine et AFP
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