France: le Front national a-t-il changé ?

Marine Le Pen n'a jamais été aussi haute dans les sondages, elle se qualifierait sans problème pour le deuxième tour de cette présidentielle. C'est une question souvent évoquée : le Front national a-t-il changé ? En France, la plupart des observateurs ne qualifient plus le FN de parti d'extrême droite, mais de parti populiste ou de droite nationaliste. Est-ce vraiment le cas? Marc Sirlereau s'est rendu dans le sud de la France à la rencontre d'élus et de militants. 

Pour cette élue du Var, il n'y a pas eu de transformation notable du parti. "On est moins stigmatisé qu’avant, oui, après dans le fond, je pense qu'il n'y a pas grand-chose qui a changé dans les convictions de chacun, on s'adapte à la société".

Ce jour-là, Marine Le Pen est en meeting à Saint Raphaël, station balnéaire bien connue et comme d'habitude, elle fustige le système, sans autre précision, qui aurait enfanté selon elle Emmanuel Macron, sa nouvelle cible privilégiée.

"Cette année, sans doute échaudé par ce grand coup de balai, le système a choisi d'innover. Alors, on nous a déniché le candidat Macron. Il a quand même une forme d'originalité, lui, il assume d'être le candidat de l'UMPS, il rallie ainsi toutes les vieilles gloires du système, de Robert Hue à Alain Minc, c'est assez large quand même. Mais derrière cet air affable, cet esprit de printemps, derrière cette modernité apparente, quel avenir pour notre peuple ? Quoi de neuf par rapport justement à cette vieille politique UMPS qui nous accable depuis des décennies", scande-t-elle. 

Les étrangers, cause du chômage ?

Sur les étrangers Marine Le Pen a officiellement un ton plus policé, mais insidieusement pour elle, la principale raison du chômage en France ce sont eux. "On fait entrer chaque année 200 000 étrangers légaux dans notre pays. Alors pardon, mais on me dit : 'Mais ça n'a rien avoir avec le chômage.' Mais évidemment que ça a à voir, pour une raison simple, c'est que si nos dirigeants font entrer ce nombre très important d'immigrés dans le pays, c'est précisément pour peser à la baisse sur les salaires, c'est précisément pour trouver de la main-d'œuvre à bas coût".

On n'a rien contre les musulmans

Dans la salle, Florent, militant du FN jeunesse, se montre très prudent lorsqu'on évoque les musulmans. Pour lui le Front national ne les fustige pas. "On parle de l'islamisme radical, on parle de l'État islamique, par exemple, sur la question étrangère et en aucun cas on ne parle des musulmans. C'est pour ça qu'il y a plein de musulmans qui votent aussi Front National, parce qu'ils sont d'accord avec ce qu'on propose et nos idées. Et ils n'écoutent pas une certaine opposition qui prétend que nous sommes xénophobes, racistes, etc. On n'a rien contre les musulmans, on parle aux Français, voilà tout simplement".

Parler aux Français et prôner la préférence nationale en matière d'emploi et de logement social, voilà l'une des priorités du parti, opposant ainsi clairement les Français à tous les autres.

"Parce qu’on voit que l'État, par l'intermédiaire des préfectures qui obligent certaines communes à réouvrir certains centres qui étaient fermés pour accueillir des migrants et qui sont en situation totalement illégale en France, offre un logement à ces illégaux. Effectivement, ce n'est pas normal, pourquoi nos SDF ne sont pas prioritaires ? Si on a la capacité, si on a les moyens d'offrir des logements gratuits, je pense que les Français effectivement devraient être prioritaires à comparer des personnes quand même qui sont en situation irrégulière et qui normalement devraient retourner dans leur pays. Donc oui, effectivement oui, il est enfin temps qu'on pense aux Français prioritairement", précise Sonia Lauvard, adjointe au maire de Fréjus.

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