France: un nouveau camp de réfugiés pour remplacer le cloaque de Grande-Synthe

France: un nouveau camp de réfugiés pour remplacer le cloaque de Grande-Synthe
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France: un nouveau camp de réfugiés pour remplacer le cloaque de Grande-Synthe - © Tous droits réservés

En France, on attend toujours l’ordre d’expulsion d’une partie de la Jungle de Calais. Si le sud de la Jungle est détruit, plus de 4000 migrants se retrouveront dans la nature. Dans la région de Calais, d'autres petits camps sauvages se sont déjà établis, notamment à Grande-Synthe. Le maire de la ville a demandé à Médecins sans frontières de construire un nouveau camp, conforme aux normes internationales humanitaires.

Le camp sauvage de Grande-Synthe est installé dans un petit bois, au cœur d'un quartier résidentiel composé de pavillons coquets. Ce petit bois a vocation à devenir un éco-quartier composé de 500 logements. A l'entrée du campement, un panneau proclame d'ailleurs fièrement : "Vivre en ville, habiter un parc!".

Un slogan qui fait sourire ou serre le cœur une fois que l'on pénètre dans le cloaque qu'est devenu ce campement. Des centaines de tentes de camping, plantées dans la boue, entourée de déchets. A l'entrée du camp, des bénévoles ont installé un panneau de prises électriques, qui permet aux réfugiés de recharger leurs téléphones portables, seul lien avec le reste de l'humanité. Dans un minuscule dispensaire ouvert par MSF, une cabane, des bénévoles de l'association Salam distribuent des vêtements. C'est tout. Pour le reste, les réfugiés -essentiellement des Kurdes irakiens et quelques Vietnamiens égarés- sont livrés à eux-mêmes.

Sarah, mère de famille britannique, passe une semaine par mois dans ce camp : "C’est très difficile parce que c’est boueux, c’est horrible. La boue là-bas, c’est jusqu’aux genoux. C’est horrible. Ce n’est pas possible pour les enfants , explique cette bénévole.

Les autorités locales voudraient vider ce camp et reloger les réfugiés dans une zone industrielle plus éloignée du centre-ville.

Un camp conforme aux normes

Le maire Damien Carême, du Parti Europe Ecologie des Verts, a demandé l’aide de Médecins Sans Frontières pour concevoir un camp conforme aux normes internationales : "Il a mis à disposition un terrain de 6 hectars. Il l’a fait dans un temps qui était assez court, donc il est quand même tout plein de bonne volonté. C'est un terrain qui est beaucoup moins exposé aux problèmes de voisinage. Voilà les réponses qu’on a mis en place sur le camp actuel pour prendre en charge justement les problèmes de cette population de manière beaucoup plus décente et qu’elle puisse, on va dire, transiter par Grande-Synthe dans des conditions plus vivables et humaines", détaille Raphaël Etcheberry de MSF.

Le sol a été drainé pour éviter les inondations. Des shelters (des cabanes en bois) et de vastes tentes ont été installées, avec à disposition, des points d'eau, des douches et des toilettes. Chaque tente pourra accueillir une famille de 5 personnes. Des poêles à bois ou a fuel pourront y être installés. A l'entrée du camp, une ancienne ferme en carré abritera l'hôpital de Médecins sans frontières.

Le budget est conséquent: 2 millions 400.000 euros. MSF offre deux millions, la Mairie donne le reste, pour construire des grilles de protection et installer de la signalisation. Il faut prévenir les futurs résidents des dangers représentés par la voie de chemin de fer et l'autoroute A6 toutes proches..

La Mairie informe les réfugiés. Il n’y aura pas de contrôle à l’entrée du nouveau camp. Il sera un lieu ouvert. C’était l’une des conditions mises par Médecins Sans Frontières: "La majorité d’entre eux, ce qu’ils veulent, c’est aller au Royaume Uni et ils ont peur d’être surveillés, d’être contrôlés", explique Dominique Bernard, coordinatrice MSF.

Le camp sera en quelque sorte fourni clé sur porte. Il sera administré par une société privée, qui n'a pas encore été désignée. Il devrait s'ouvrir le 7 mars.

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