France: l'impossible évacuation du camp de migrants de Grande-Synthe

Grande-Synthe: la survie, dans l'attente de mieux en Angleterre
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Grande-Synthe: la survie, dans l'attente de mieux en Angleterre - © W. Fayoumi

C'était il y a près d'une semaine: jeudi dernier, les forces de police ont évacué le camp de migrants de Grande Synthe, près de la ville côtière de Dunkerque.

500 à 800 personnes, hommes, femmes et enfants en majorité des Kurdes irakiens, vivaient en bordure de l'autoroute, dans un amas de tentes et d'abris de fortunes, sous les bois derrière la gare de la petite agglomération.

Aujourd'hui, ces centaines de migrants sont toujours là, mais leurs conditions de vie se sont drastiquement dégradées.

La plupart du temps, les forces de police se bornaient régulièrement à prendre en charge certains migrants pour les éloigner de la côte, et les réinstaller dans d'autres villes. Les destructions de tentes et les confiscations de biens étaient aussi, d'après les personnes sur place, monnaie courante.

Jeudi cependant, l'objectif des policiers était plus précis: empêcher toute installation dans le périmètre. A cet effet, les points d'eau et les 3 douches mis à disposition des migrants par la mairie de Grande-Synthe ont aussi été démontés.

Les associations tirent la sonnette d'alarme. Le démantèlement du camp n'a pas éloigné les migrants. Ils sont désormais livrés à eux mêmes dans les bois, la situation sanitaire est catastrophique, et le problème ne fait que s'aggraver.

Plusieurs associations continuent à aller sur place. L'association Salam distribue toujours des repas une fois par jour. Elles tirent la sonnette d'alarme: la situation sanitaire est périlleuse: "Sur ce camp, il y avait des douches qui étaient mises à disposition, elles étaient sur des plateaux mobiles qui étaient apportés dans la journée, il y avait quelques toilettes même s'il n'y en avait pas assez, explique Josette Vanst, retraitée et bénévole à l'association Salam. Il y avait surtout des points d'eau pour laver le linge et faire sa toilette. Et là il n'y a plus rien de tout ça".

Il y a toujours des familles et de jeunes enfants qui sont là. "Nous avons revu par exemple une fillette au bras dans le plâtre, qui était là la semaine dernière", ajoute Josette Vanst. "C'est du harcèlement! ce matin il y avait un avion qui tournait pour les localiser, avec des infrarouges nous a-t-on dit. On ne veut pas de camps, ça a été clairement dit. Mais la solution de les déplacer et de les mettre en centres d'hébergement, on voit bien que ça ne fonctionne pas. ils reviennent..." D'autant plus que plusieurs ont déjà payé cher leur passage en Angleterre, et que d'autres ne veulent pas être renvoyés dans le premier pays de leur arrivée, comme le prévoit la règle de Dublin, explique Josette Vanst.

Le maire de Grande-Synthe, Damien Carême, se dit dubitatif face à ces expulsions répétées. Il estime quant à lui qu'il faut réinstaller les personnes présentes dans la région. Il plaide pour un centre d'urgence, affecté à l'accueil et à l'orientation.

Ce mardi, les associations ont rencontré la sous-préfecture, qui a organisé l'évacuation, pour faire part de leurs inquiétudes.

Grande-Synthe le 06/09/2018, après l'évacuation

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