France: abstention record, succès pour la gauche et coup dur pour Mélenchon

François Hollande à la sortie du bureau de vote le 10 juin 2012 à Tulle
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François Hollande à la sortie du bureau de vote le 10 juin 2012 à Tulle - © Bertrand Langlois

La gauche est en tête avec 46% des voix mais la droite limite la casse: l'UMP et ses alliés totalisent 34%. Pas de majorité absolue pour le seul PS qui peut cependant compter sur le soutien des Verts. Il y aura peu de triangulaires au second tour même si le Front national s'impose comme troisième force politique en terme de suffrages. Mais le mode de scrutin fait que le FN aura peu d'élus.

Il faut de toute façon attendre attendre le second tour, dimanche prochain, pour connaître le poids de chacun au parlement.

L'abstention a gagné le premier tour de cette élection: elle a atteint 43%, un record. Mais les Français qui ont voté on choisi de confirmer le vote de la présidentielle. La gauche arrive en tête. Avec ses alliés les Verts et le Front de gauche, elle atteint 47,1% des voix. Ensemble, ils recueilleraient de 283 à 329 sièges selon les projections. La droite dans son ensemble totalise 34,8%. En sièges, cela pourrait donner entre 210 et 263 sièges.

Quant au FN, il atteint presque 14%. Il pourrait envoyer de 1 à 3 élus à l'Assemblée nationale et peut se maintenir dans 61 circonscriptions sur 577.

Le pari perdu de Jean-Luc Mélenchon

Marine Le Pen arrive d'ailleurs largement en tête à Hénin-Beaumont avec 42%. Jean-Luc Mélenchon a perdu son pari, il arrive troisième et il se désiste en faveur du candidat socialiste pour le second tour. "Il est normal qu'on soit déçu", a déclaré Jean-Luc Mélenchon en appelant à voter pour le candidat du PS, "mais il ne faut pas se laisser abattre". "Ce soir, c'est le coeur paisible que je vais quitter cette scène mais pas ce département", a-t-il assuré.

L'ex-candidat à la présidentielle, François Bayrou, est en position très délicate à Pau. Il pourrait disparaître de l'Assemblée nationale. Même si son parti, le Modem, peut espérer 3 sièges.

Pour les Verts, 10 à 20 sièges sont gagnables. Après le mauvais score de sa candidate Eva Joly à la présidentielle (2%), la secrétaire nationale EELV et nouvelle ministre Cécile Duflot s'est dite "plutôt heureuse" du score "en net progrès" de son parti. Elle devrait être élue dimanche à Paris.

Les ministres passent le cap

Les ministres qui ont pris le risque de se présenter passent au second tour. Le ministre des Affaires étrangère Laurent Fabius et le Premier ministre Jean-Marc Ayrault sont élus dès le premier tour.

Parmi leurs collègues en ballottage favorable figurent Manuel Valls (Intérieur), Marylise Lebranchu (Fonction publique), Pierre Moscovici (Economie), Stéphane Le Foll (Agriculture) dans l'ancienne circonscription sarthoise de François Fillon, et Aurélie Filippetti (Culture) en Moselle.

En tête en Charente-Maritime (32,03%), Ségolène Royal a confirmé sa candidature à la présidence de l'Assemblée si elle est élue, ce qui est loin d'être fait: le dissident PS Olivier Falorni (28,9%), seul autre candidat qualifié pour le second tour, a annoncé le maintien de sa candidature.

Dans l'autre camp, l'ancien ministre de l'Intérieur Claude Guéant, qui a devancé le DVD Thierry Solère, est en ballottage favorable dans les Hauts-de-Seine. Porte-parole du candidat Sarkozy, Nathalie Kosciusko-Morizet est, elle, en position délicate en Essonne.

L'appel d'Ayrault

Réélu dès le premier tour en Loire-Atlantique, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a salué ces résultats et appelé les Français à se mobiliser au second tour pour que "le changement s'installe dans la durée".

Les Français ont dit leur "soutien au changement" et "leur volonté d'amplification" de la victoire de François Hollande, s'est félicitée la première secrétaire du PS Martine Aubry.

L'UMP cherche des raisons d'espérer

Jean-François Copé, le secrétaire général de l'UMP, le parti "présidentiel" conçu autour de Nicolas Sarkozy, a préféré souligner que le score du parti, sonné par la défaite du 6 mai, était "supérieur à celui du PS". Son rival, François Fillon, a noté qu'il n'y avait ni "vague rose", ni "appétence" pour le projet de la gauche.

Seul l'ancien Premier ministre Alain Juppé a évoqué le spectre d'une nouvelle défaite de la droite, à laquelle il ne se "résigne pas". Jean-François Copé a rappelé que, pour le second tour, il n'y aurait "pas d'alliance avec le Front national".

Le second tour nous dira si la gauche remporte la majorité absolue. Ou si elle doit composer avec les Verts et le Front de gauche pour une majorité relative. D'après les projections, une alliance avec les Verts suffirait toutefois à la gauche pour être majoritaire à l'Assemblée.

T.N. avec Charline Van Hoenacker

 

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