France: faut-il lier centenaire de 14-18 et 70e anniversaire de la Libération?

Faut-il mêler les commémoration du centenaire de 14-18 et du 70ème anniversaire de la Libération ?
Faut-il mêler les commémoration du centenaire de 14-18 et du 70ème anniversaire de la Libération ? - © AFP PHOTO / KENZO TRIBOUILLARD

La polémique enfle en France à propos de la décision du gouvernement de gauche d'associer les commémorations du centenaire du début de la Grande guerre (1914-1918) et le 70ème anniversaire de la Libération, puis de la victoire sur le nazisme (1944-1945), des faits que les historiens rechignent à relier entre eux.

La porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, a annoncé début octobre la création d'une mission "anniversaires" présidée par le ministre délégué chargé des Anciens combattants, Kader Arif. Elle sera chargée de "préparer et coordonner un programme commémoratif de ces deux temps forts de l'histoire de la France". Selon le gouvernement, des points communs justifient cette association: les enjeux du souvenir et de la transmission ou les défis pratiques de commémorer ces anniversaires.

"Pour permettre à un ministre inexistant d'exister (le socialiste Kader Arif, ndlr), le gouvernement prend le risque de casser un grand projet de commémoration de la Première guerre mondiale, en mettant à mal la Mission du centenaire dont le seul tort est d'avoir été créée en avril dernier, sous l'ancien régime" (de l'ancien président de droite Nicolas Sarkozy), a toutefois récemment dénoncé le journaliste Jean-Dominique Merchet, spécialiste des questions de défense à l'hebdomadaire 'Marianne', sur son blog.

"Inquiétude"

Cette opinion est partagée par le président du conseil général de la Meuse, un département où la culture mémorielle est vivace avec la présence de champs de bataille hérités de la Grande Guerre et de nombreux stigmates des deux conflits mondiaux, le centriste Christian Namy.

Il l'a affirmé dans un courrier adressé notamment au Premier ministre français Jean-Marc Ayrault, faisant part de son "inquiétude" quant à la mise sur pied, décidée le 3 octobre, d'une mission interministérielle chargée de préparer et d'animer le programme commémoratif des deux Guerres mondiales. "Les enjeux des deux événements ne sont en aucun cas les mêmes", a-t-il souligné. Qualifiant d'"inadaptée" la structure envisagée, Christian Namy redoute qu'elle soit "source de confusion pour les Français et pour nos partenaires étrangers", dans la mesure où "les enjeux des deux événements ne sont en aucun cas les mêmes".

Comme d'autres, dont des historiens, Christian Namy souhaite en effet établir une distinction entre la Libération et le centenaire de la Grande Guerre.

Régression mémorielle

Selon le journal 'Le Monde', des historiens et d'autres élus, y compris socialistes, comme la maire de Reims, Adeline Hazan (PS), critiquent également l'association des deux anniversaires, évoquant une "régression mémorielle".

L'un des événements (la Libération de 1944-1945) est encore dans le souvenir, avec la présence de témoins de cette époque, alors que le centenaire de la Grande guerre, sans survivant, marque définitivement le basculement du monde dans l'histoire moderne.


Belga

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