France: Eric Woerth visé dans une nouvelle affaire

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Le ministre français du Travail Eric Woerth, déjà au centre de l'affaire politico-fiscale Bettencourt, est maintenant soupçonné par la presse française d'avoir vendu à bas prix à une connaissance un hippodrome propriété de l'Etat lorsqu'il était ministre du Budget.

Interrogé par l'AFP, le ministère du Budget a contesté cette information, assurant que la cession "s'est déroulée de manière tout à fait légale et dans l'intérêt de l'Etat".

Selon Le Canard enchaîné, Eric Woerth, juste avant de quitter le ministère du Budget en mars 2010 pour celui du Travail, "a bradé une parcelle de la forêt de Compiègne (nord de Paris) avec son hippodrome et son golf à une association amie", jusqu'alors locataire des lieux, pour 2,5 millions d'euros, un prix très nettement inférieur au marché selon Le Canard.

"Cette transaction a été conclue de gré à gré sans enchère, ni appel d'offres", ajoute l'hebdomadaire satirique, qui assure que le président de cette association, la Société des Courses de Compiègne, est un "familier" d'Eric Woerth, élu de la région. Cet homme, Antoine Gilibert est aussi président de "France Galop", une association dont l'épouse du ministre, Florence Woerth est également membre.

Un dossier personnellement suivi par le ministre

L'hebdomadaire Marianne publie une lettre montrant qu'Eric Woerth s'est occupé personnellement du dossier et qu'il a donné son accord à cette vente. Marianne a recueilli le sentiment d'un fonctionnaire de l'Office National des Forêts:"Qu'un ministre intervienne personnellement dans une cession, je ne l'avais jamais vu", dit-il. "Il fallait que les choses soient tordues pour justifier une telle implication !"

Au ministère du Budget, on défend la transaction de même que l'absence d'appel d'offres au motif que cette société "était la seule à pouvoir acquérir parce qu'elle avait un bail".

Le ministre est en effet aussi maire de Chantilly, une ville voisine de Compiègne, capitale française des courses de chevaux et un lieu de rendez-vous privilégié pour les grandes fortunes françaises.

Un ministre pris dans la tourmente Bettencourt

Au centre d'accusations de conflits d'intérêt, Eric Woerth a annoncé mardi à qu'il allait quitter ses fonctions de trésorier du parti présidentiel UMP, qu'il cumulait jusqu'à présent avec ses fonctions gouvernementales. Il s'est retrouvé accusé d'un double conflit d'intérêt qui a alimenté les soupçons de mansuétude de l'administration fiscale à l'égard de la femme la plus riche de France, Liliane Bettencourt, héritière du groupe de cosmétiques L'Oréal.

Eric Woerth était ministre du Budget de 2007 à mars 2010. Il chapeautait donc les services fiscaux, alors qu'en sa qualité de trésorier, il collectait de l'argent auprès de riches entrepreneurs, qui sont aussi d'importants contribuables, pour financer les activités du parti UMP.

De plus, son épouse Florence Woerth était employée dans une société qui gère une partie de la fortune de Liliane Bettencourt. Un rapport administratif interne, commandé en urgence par François Baroin, le successeur d'Eric Woerth au Budget, et portant sur la gestion du dossier fiscal de Liliane Bettencourt a cependant conclu qu'Eric Woerth n'avait pas couvert de possibles fraudes.  
T.N. avec AFP

 

 

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