France: Eric Woerth et Nicolas Sarkozy sont dans un bateau

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L'inspection général des finances (IGF) a rendu dimanche midi un rapport qui établit que le ministre du Travail et ancien ministre du Budget, Eric Woerth, n'est pas intervenu dans le dossier fiscal de Liliane Bettencourt, l'héritière L'Oréal.

"Énormément soulagé": ce sont les mots du ministre Eric Woerth, au coeur d'une tourmente médiatico-politique depuis plusieurs jours, apprenant qu'un rapport de l'IGF établit qu'il n'est pas intervenu en faveur de la riche héritière lorsqu'il était ministre du Budget.

Le rapport en question avait été commandé par le successeur d'Eric Woerth, François Baroin. Ce qui fait dire au porte-parole du PS, Benoît Hamon : "En gros, Baroin blanchit Woerth, le successeur de Monsieur Woerth le blanchit". Le rapport de l'IGF arrive "pile à l'heure pour blanchir Woerth", titre aussi le quotidien Libération (gauche), "comme prévu".

A droite, ainsi que le relève encore Libération, ce rapport destiné à faire retomber la pression contre le ministre du Travail est brandi comme la preuve qu'Eric Woerth a été victime "d'allégations mensongères", comme le dit Luc Chatel. "Heureusement qu'Eric Woerth est quelqu'un de solide parce que la façon dont il a été attaqué c'est quasiment du jamais vu", déclarait quant à lui le patron de l'UMP Xavier Bertrand, qui voit dans l'affaire "une exploitation politique de la part du PS".

Reste que les accusations de l'ex-comptable des Bettencourt, Claire Thibout, demeurent : elle confirme que son ancien patron, Patrice de Maistre, gestionnaire de fortune des Bettencourt, lui a demandé de retirer 150 000 euros afin de les remettre à Eric Woerth, trésoriere de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy.

Nicolas Sarkozy monte au feu

Même si aucune information judiciaire n'a encore été ouverte par le parquet de Nanterre au sujet de ces affirmations, le président Nicolas Sarkozy aura fort à faire, lundi soir sur France 2, pour convaincre l'opinion que son parti n'a pas bénéficié des largesses de Liliane Bettencourt. Il devrait s'exprimer sur la réforme des retraites, le dossier du moment géré par Eric Woerth qui rend celui-ci indispensable au sein du gouvernement, et sur l'actualité socio-économique qui mobilise fort les Français. Au plus bas dans les sondages, il peine à convaincre ses concitoyens du bien-fondé de la réforme des retraites alors que des membres du gouvernement, depuis lors "démissionnés", s'octroyaient des avantages sans rapport avec leurs fonctions.

Nicolas Sarkozy a choisi la chaîne publique pour cette intervention télévisée, juste après avoir posé le premier acte visant à faire nommer Rémy Pfimlin, l'actuel directeur des messageries Presstalis (ex-Nouvelles Messageries de la Presse) à la tête de France Télévisions, mettant en oeuvre pour la première fois le pouvoir de nomination du président de la République dans le service public télévisuel. Le quotidien en ligne Mediapart, en pointe dans le dossier, propose à la rédaction de France 2 de poser treize questions de fond sur le dossier au président français.Mais Nicolas Sarkozy -et son équipe de conseillers- ont eu une autre idée: demander aux internautes de lui poser des questions sur sa page Facebook.

Nicolas Sarkozy soutient Eric Woerth bec et ongles, faisant donner toute la garde pour défendre son ministre du Travail. Mais ce faisant, il lie leurs sorts respectifs. Ils sont dans le même bateau. Si l'un tombe...

Thomas Nagant

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