Un camion fonce sur la foule à Nice: 84 morts, 52 blessés en état d'"urgence absolue"

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Le bilan est lourd après qu'un camion a foncé à toute allure dans la foule jeudi à 22h40 sur une distance d'environ deux kilomètres sur la Promenade des Anglais à Nice peu de temps après la fin du feu d'artifice du 14 juillet: 84 morts, dont 10 enfants et adolescents,  202 blessés, dont 52 en état d'urgence absolue. Parmi ces derniers, 25 sont toujours en réanimation, a précisé en fin d'après-midi le procureur de la République François Molins. Ce bilan peut encore évoluer

Les principales informations : 

  • Le dernier bilan fait état de 84 personnes tuées, dont une dizaine d'enfants, et 52 personnes blessées en "situation d'urgence absolue".

  • Jeudi vers 22h45 un camion a foncé sur la foule rassemblée sur la très populaire Promenade des Anglais pour les traditionnelles festivités du 14 juilletIl a renversé sur une distance de 2 kilomètres les personnes se trouvant sur son chemin.

  • Le chauffeur a été "formellement identifié", il est bien le propriétaire des papiers d'identité trouvés dans le véhicule au nom d'un Franco-Tunisien de 31 ans domicilié à Nice. Il s'appelle Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, selon le procureur de la République.

  • Une perquisition a été menée au domicile du tueur et son épouse a été mise en garde à vue.

  • François Hollande qualifie l'attaque de terroriste.

  • Aucune communication officielle concernant la présence éventuelle de Belges parmi les victimes.

Selon le président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur et ancien maire de la ville, Christian Estrosi, une haute personnalité de la police aurait notamment trouvé la mort dans l'attaque.

Au moins une cinquantaine d'enfants sont par ailleurs hospitalisés à Nice, a appris l'AFP de source hospitalière.

Il y a des dizaines de blessés qui ont été transportés dans les hôpitaux de la ville.

État d'urgence prolongé

Le président français François Hollande a parlé d'une "attaque dont le caractère terroriste ne peut être nié", d'une "violence absolue" et de "monstruosité". Il a exprimé sa solidarité à l'égard des victimes lors d'une allocution télévisée prononcée en pleine nuit depuis le palais de l’Élysée.

"C'est toute la France qui est sous la menace du terrorisme islamiste" a-t-il déclaré, faisant référence aux attentats de Paris.

Le président a annoncé le maintien de l'opération "Sentinelle" et la décision de rappeler la réserve opérationnelle de l'armée pour soutenir la police et la gendarmerie, ainsi que la prolongation de trois mois de l'état d'urgence qui devait se terminer le 26 juillet.

"Le président de la République a décidé un deuil national, déclaré pour les 16, 17 et 18 juillet en hommage aux victimes", a dit le Premier ministre à la presse, à l'issue d'un conseil de défense à l’Élysée.

Il a fait feu "avec un pistolet" avant d'être abattu

Le chauffeur du camion a été abattu par la police. "Au moment où il a été abattu par les policiers, il avait fait feu plusieurs fois", a souligné Christian Estrosi, président du conseil régional PACA. Cela est confirmé par le procureur de la République.

En outre, une "grenade inopérante" a été retrouvée dans le camion ainsi que "des armes longues factices". "Des armes lourdes" ont été retrouvées dans le véhicule, avait aussi indiqué l'ex-maire de la ville.

Le tueur identifié : un Franco-Tunisien de 31 ans

Le chauffeur a été "formellement identifié". Il est bien le propriétaire des papiers d'identité trouvés dans le véhicule au nom d'un Franco-Tunisien de 31 ans domicilié à Nice. Il s'appelle Mohamed Lahouaiej-Bouhlel.

L'individu était, d'après une source proche de l'enquête cité par l'agence Reuters, connu des services de police, mais pas des services de renseignement.

Le parquet de Paris, qui a compétence nationale pour les affaires antiterroristes, a été saisi de l'enquête sur cette tuerie. Quatre magistrats dirigent l'enquête.

Une perquisition a été menée au domicile de l'auteur des faits.

Le conducteur du camion était connu des services de police mais pas pour des faits de terrorisme.

Des victimes belges ?

On ignore encore l'identité de toutes les victimes. Le Premier ministre belge Charles Michel a exprimé sa tristesse et son émotion sur son compte Twitter : "Toutes mes pensées pour les victimes de cet acte odieux", a écrit le chef du gouvernement, exprimant sa solidarité envers "nos amis français".

Le ministre belge des Affaires étrangères Didier Reynders communique que "nos services en France et à Bruxelles sont en contact avec les autorités françaises pour s'informer sur les victimes et les blessés". Les Affaires étrangères seraient ainsi toujours sans nouvelles d'une vingtaine de Belges. Vers 17h15, Didier Reynders a indiqué sur Twitter: "En ce moment nous craignons malheureusement le décès à Nice d'un compatriote d'origine russe et d'une femme kazakhe résidant en Belgique".

Depuis Oulan Bator en Mongolie, le ministre belge a déclaré que "la barbarie a encore tué et blessé des innocents. Mes pensées vont aux victimes et à leurs proches".

Le ministère des Affaires étrangères est joignable au +32 2 501 40 00 pour tout renseignement.

Plusieurs étrangers parmi les victimes

Des étrangers de diverses nationalités ont été tués dans l'attentat de Nice. Parmi ces victimes étrangères identifiées figurent:

- trois Allemands, un enseignant et deux lycéennes, selon des informations de presse.

- deux Américains, selon le porte-parole du Département d'Etat, John Kirby. Ces deux victimes sont, selon le quotidien texan Austin American-Statesman, Sean Copeland, 51 ans, et son fils Brodie, 11 ans. Originaires du Texas, ils étaient en vacances en famille à Nice après avoir séjourné à Pampelune et Barcelone, en Espagne.

- Une Suissesse, selon le ministère suisse des Affaires étrangères, qui n'a pas donné plus de précision. La commune de Caslano dans la région du Tessin a confirmé le décès d'une Tessinoise de 54 ans originaire d'Agno.

- une Russe a également perdu la vie dans l'attentat, a indiqué le ministère russe des Affaires étrangères. Selon le site russe Novosti-24, cette étudiante de 20 ans s'appelait Viktoria Savtchenko et passait des vacances en France avec une amie qui a été blessée aux jambes.

- une Arménienne a été tuée lors de l'attaque, selon le ministère arménien des Affaires étrangères.

- un Ukrainien a été tué et un autre blessé, selon le ministre des Affaires étrangères Pavlo Klimkin. Parmi les dizaines de blessés enregistrés, figurent au moins un Britannique, selon Londres, et deux Roumains, actuellement hospitalisés, selon Bucarest.

Éviter le centre de Nice

La préfecture du département des Alpes-Maritimes a rapidement évoqué un attentat et a conseillé aux habitants de rester cloîtrés et de rentrer chez soi en évitant de se rendre dans le secteur de la Promenade des Anglais. Le "Plan blanc", dispositif exceptionnel en application lors des émeutes de 2005 et des attentats du 13 novembre qui offre de vastes pouvoirs aux autorités, a été déclenché.

Le président de la République française François Hollande a convoqué un conseil restreint de sécurité et de défense ce vendredi matin, a fait savoir l’Élysée.

Le président Hollande a quitté Avignon pendant la nuit, où il se trouvait à titre privé, pour se rendre à la cellule de crise établie au sein du ministère de l'Intérieur, place Beauvau à Paris. Il a atterri sur la base aérienne de Villacoublay, au sud de Paris, avant de retrouver le Premier ministre Manuel Valls et des représentants des principaux ministères concernés ainsi les patrons de la police, de la gendarmerie, des services de renseignement et du Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN).

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve s'est lui directement rendu à Nice où il a rencontré le président de la région PACA Christian Estrosi et le maire de la ville Philippe Pradal.

Des prises d'otages, évoquées par les réseaux sociaux, ont été démenties par les autorités.

Les taxis de Nice étaient gratuits pour raccompagner les personnes du centre à leur domicile, les transports en commun tentant de prolonger leur service dans la nuit.

Facebook lance le "Safety check"

Les réseaux téléphoniques étaient saturés jeudi soir et il était conseillé d'utiliser les réseaux sociaux.

Le réseau social Facebook a rapidement activé son système de localisation Safety Check, afin que les personnes présentes à proximité des lieux puissent prévenir leurs proches qu'elles étaient saines et sauves.

Grâce à ce système, utilisé notamment lors des attentats de Paris et de Bruxelles, les utilisateurs du réseau social Facebook se trouvant à proximité des lieux des faits ont la possibilité de prévenir leurs amis qu'ils sont indemnes.

Témoignages

Radio France Bleu Azur a recueilli des témoignages évoquant des coups de feu et un gros camion d'au moins une dizaine de tonnes qui a foncé sur la foule à la fin du feu d'artifice à une vitesse de 80 ou 90 km/h. Arrêté, le chauffeur serait descendu du camion pour tirer sur la foule.

Une femme interviewée par Radio France Bleu décrit des mouvements de foule et des appels de la police aux spectateurs à ne pas rester groupés.

D'autres témoignages font état de personnes cherchant à vendre des "images" de l'attaque à des journalistes, démarche qualifiée de "sordide" par les journalistes de la radio française.

"C'était un chaos absolu, des gens hurlaient", a raconté un journaliste de l'AFP présent jeudi sur la Promenade des Anglais à Nice. Un camion blanc "a foncé à pleine vitesse sur les personnes qui commençaient à quitter" la Promenade des Anglais à la fin du feu d'artifice, a raconté Robert Holloway. "Le camion est passé juste à côté de moi et je n'ai eu que quelques secondes pour me mettre à l'abri", a témoigné le journaliste, encore très choqué. "J'ai sauté sur le côté" pour éviter le camion. "Des débris volaient partout et j'ai dû me protéger le visage", a-t-il poursuivi. Ensuite, c'était "un chaos absolu". "Des gens hurlaient", a-t-il raconté, ajoutant qu'il avait très vite compris, "qu'un camion de cette taille avec une trajectoire en ligne droite" ne pouvait être qu'un "acte totalement délibéré".

Damien Allemand, journaliste à Nice Matin livre son témoignage sur le site Médium : "Dès la fin du show, on s’est tous levé, en même temps. Direction les escaliers (...) Je zigzaguais entre les gens pour rejoindre mon scooter, garé à deux pas. Au loin, un bruit. Des cris. Ma première pensée: un malin a voulu faire son petit feu d’artifice de son côté et ne l’a pas maîtrisé… Mais non. Une fraction de seconde plus tard, un énorme camion blanc filait à une allure folle sur les gens donnant des coups de volant pour faucher un maximum de personnes. Ce camion de la mort est passé à quelques mètres de moi et je n’ai pas réalisé. J’ai vu des corps volaient comme des quilles de bowling sur son passage. Entendu des bruits, des hurlements que je n’oublierai jamais. J’étais tétanisé. Je n’ai pas bougé. J’ai suivi ce corbillard des yeux. Autour de moi, c’était la panique. Les gens couraient, criaient, pleuraient. Alors, j’ai réalisé. Et j’ai couru avec eux."

Une cellule psychologique a été mise en place au Centre universitaire méditerranéen de Nice et un numéro d'information a été ouvert : (+33)04 93 72 22 22.

La cellule interministérielle d'aide aux victimes est opérationnelle au quai d'Orsay. Un numéro d'urgence est disponible au (+33)01 43 17 56 46.

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