France - Algérie : les archives concernant la disparition de Maurice Audin bientôt ouvertes

France - Algérie : les archives concernant la disparition de Maurice Audin bientôt ouvertes
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Les archives publiques françaises concernant la disparition de Maurice Audin, militant communiste disparu en 1957 en Algérie et mort sous la torture, seront ouvertes, selon un arrêté paru mardi au Journal officiel français.  En 2018, Emmanuel Macron avait décidé de reconnaître la responsabilité de l’Etat français dans la mort de ce jeune mathématicien communiste, militant de l’indépendance de l’Algérie, arrêté le 11 juin 1957 en pleine bataille d’Alger, torturé par l’armée française et disparu sans laisser de traces.

"Cet arrêté prévoit la libre consultation (...) des archives publiques relatives à la disparition de Maurice Audin conservées aux Archives nationales, aux Archives nationales d'outre-mer, aux Archives départementales d'Ille-et-Vilaine et au Service historique de la Défense", précise le texte.

Premier geste de Macron en 2018

Sébastien Jumel, porte-parole des députés communistes, a salué mardi un "acte fort". Ce geste "fait le pari de parvenir à une mémoire apaisée en encourageant la recherche de la vérité historique", a-t-il estimé lors de la conférence de presse de rentrée du groupe PCF à l'Assemblée nationale.

Il avait, avec le député LREM de l'Essonne Cédric Villani, demandé en février 2018 "la reconnaissance officielle" par l'Etat de l'assassinat de Maurice Audin.

Emmanuel Macron avait reconnu en septembre 2018 la responsabilité de l'Etat français dans la disparition de l'assistant de mathématiques à la faculté d'Alger et membre du Parti communiste algérien. 

Dans une déclaration remise à sa veuve, Josette Audin, décédée depuis, le président avait reconnu "au nom de la République française, que Maurice Audin a été torturé puis exécuté ou torturé à mort par des militaires qui l'avaient arrêté à son domicile" le 11 juin 1957. Le président avait également demandé "pardon".

Il reconnaissait "aussi que si sa mort est, en dernier ressort, le fait de quelques-uns, elle a néanmoins été rendue possible par un système légalement institué", alors que la trace de Maurice Audin, suspecté d'avoir aidé le FLN, était perdue 10 jours après son arrestation.

Emmanuel Macron avait alors également confirmé l'ouverture des archives sur le sujet des disparus civils et militaires, français et algériens.

Un long "mensonge d'état"

François Hollande, lors du quinquennat précédent, avait fait un premier pas en 2014 en reconnaissant que Maurice Audin ne s'était pas évadé et était mort en détention. Encore avant, Nicolas Sarkozy, n'avait lui pas répondu à une lettre que lui avait adressée la veuve de Maurice Audin, Josette, aujourd'hui décédée.

 

Soupçonné d'héberger des membres de la cellule armée du Parti communiste algérien

Arrêté chez lui le 11 juin 1957 en présence de sa femme par des parachutistes français, Maurice Audin, était soupçonné d'héberger des membres de la cellule armée du Parti communiste algérien. Il est alors torturé à plusieurs reprises dans une villa d'El Biar, un des quartiers d'Alger, en compagnie d'Henri Alleg, futur auteur de "La Question", livre dénonçant la torture.

Une dizaine de jours plus tard, Josette Audin apprendra officiellement que son mari se serait évadé lors d'un transfert vers une prison. Convaincue qu'il a été étranglé par un lieutenant parachutiste, elle dépose plainte contre X pour homicide volontaire à Alger et un comité de soutien se constitue autour d'elle.

Dans un livre paru en 1958, "L'Affaire Audin", l'historien Pierre Vidal-Naquet affirmait :  "que le jeune mathématicien est mort sous la torture". 

Dans un autre ouvrage paru en 2014, "La vérité sur la mort de Maurice Audin", le journaliste Jean-Charles Deniau conclut que "Maurice Audin a été tué par un sous-officier français sur ordre du général Jacques Massu, patron de la 10e division parachutiste (DP) pendant la bataille d'Alger. Un ordre répercuté par Paul Aussaresses, alors officier de renseignements au 1er régiment de chasseurs parachutistes (RCP), l'un des quatre régiments de la 10e DP".

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