FOCAC, un sommet chinois pour séduire l'Afrique

Patrice Trovoada, Premier ministre de Sao Tomé-et-Principe serre la main du Premier ministre chinois Li Keqiang.
Patrice Trovoada, Premier ministre de Sao Tomé-et-Principe serre la main du Premier ministre chinois Li Keqiang. - © PARKER SONG - AFP

"Les nouvelles routes de la soie, c’est une entreprise universelle de coopération au développement , et pas un club chinois ", voilà le message que le président chinois Xi Jinping voulait donner, lundi 3 et mardi 4 aux 53 dirigeants du continent noir, dans le cadre du sommet FOCAC.

Tenu dans un Pékin sous haute surveillance, briqué comme un sou neuf, le FOCAC voulait surtout séduire : Xi y renouvelait un chèque de 60 milliards de dollars à dépenser en projets de développement (le même montant que celui octroyé en 2015), tout en promettant de supprimer la dette des pays les plus pauvres. Xi de même, devait aussi recevoir ses hôtes un à un, ou par petits groupes.

Cette attention envers l’Afrique a toujours existé depuis Mao, pour des raisons idéologiques (la " fraternité du Tiers monde "), puis commerciales : il s’agit de conquérir ce marché de plus d’un milliard d’habitants, tout en se faisant payer pour les infrastructures qu’il y bâtit, par des livraisons en matières premières.

Il faut aussi dire que la Chine, face à son plan " BRI " (Belt and road initiative) de routes de la soie, a besoin de convaincre ces pays d’Afrique, où il rencontre des doutes et des critiques : un pays pauvre comme le Sri Lanka, après avoir accepté un projet de port en eau profonde à 1,5 milliards de $, a dû constater que ce port n’avait pas de clients : il a dû en céder la propriété à la Chine pour 99 ans, faute de pouvoir rembourser l’emprunt. Le même risque plane aujourd’hui sur l’Ethiopie dont la ligne de chemin de fer Adis Abeba-Djibouti peine à trouver sa rentabilité – alors que la dette du pays envers la Chine atteint déjà 59% de son produit national brut…

Tout en manifestant une profonde gratitude envers cette Chine qui leur a tant donné, ces pays noirs souhaitent donc désormais recevoir des projets moins coûteux… Et qui assurent plus d’emplois, puisque la Chine en Afrique, jusqu’à présent, a privilégié l’emploi chinois, faisant venir des dizaines de milliers de ses citoyens pour construire leurs routes, écoles et usines !

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