FMI: Christine Lagarde "quasiment intronisée" candidate de l'Europe

Christine Lagarde, ministre française de l'Economie, ici en discussion avec Dominique Strauss-Kahn sur cette photo de'archive datant de 2010
Christine Lagarde, ministre française de l'Economie, ici en discussion avec Dominique Strauss-Kahn sur cette photo de'archive datant de 2010 - © AFP / Nicolas Bouvy

La Française Christine Lagarde est "quasiment intronisée" comme candidate de l'UE pour prendre la tête du FMI en remplacement de Dominique Strauss-Kahn, a indiqué vendredi une source européenne, tablant sur un "signal" en ce sens lors d'une réunion du G8 la semaine prochaine.

"Lagarde est quasiment intronisée", a estimé cette source interrogée par l'AFP. "On devrait avoir un signal déjà dès Deauville", où se retrouvent les 26 et 27 mai les chefs d'Etat et de gouvernements des huit grands pays industrialisés du monde: Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Japon et Russie.

"L'Europe se devait de réagir vite" en présentant un candidat, "il faut prendre le poste tout de suite", a souligné la source européenne.

Pour elle, "il faudra faire avec" les risques de démêlés judiciaires auxquels Christine Lagarde pourrait être confrontée dans son pays.

Un procureur français a récemment menacé Christine Lagarde d'une enquête dans un dossier lié à l'ex-homme d'affaires Bernard Tapie. L'hebdomadaire satirique Le Canard enchaîné a alimenté la polémique en affirmant qu'elle avait ignoré plusieurs fois dans ce dossier l'avis des conseillers de son ministère.

Mais "l'UE n'a pas d'autre candidat, il n'y a pas de recours" en dehors de l'actuelle ministre française des Finances, a indiqué la source européenne.

Elle a notamment souligné que le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, dont le nom avait été lancé par le banquier central néerlandais Nout Wellink, n'était "pas candidat" et ne faisait de toute façon "pas l'unanimité" au sein de la zone euro.

Pas de candidat allemand

"L'Allemagne n'a pas de candidat et n'en aura pas", a ajouté la source. La chancelière Angela Merkel a apporté vendredi son soutien du bout des lèvres à Christine Lagarde, en disant avoir pour elle "une estime particulière".

Le Premier ministre polonais Donald Tusk n'a certes pas exclu, si les conditions s'y prêtaient, de présenter un de ses compatriotes, Leszek Balcerowizc, architecte des réformes polonaises de l'après-communisme et ancien gouverneur de la banque centrale polonaise.

Mais "malgré le fait que les Polonais mentionnent un nom, il paraît assez évident que Christine Lagarde bénéficie d'un large soutien dans l'UE", a souligné vendredi une source diplomatique.

Dès le début de la semaine, et avant même l'annonce de la démission du directeur général du FMI Dominique Strauss-Kahn, accusé d'agression sexuelle et de tentative de viol aux Etats-Unis, les Européens avaient indiqué leur volonté de conserver ce poste qu'ils occupent depuis 1946.

La porte-parole du président de la Commission européenne José Manuel Barroso a encore jugé vendredi "tout à fait naturel que les Etats de l'UE, les plus grand contributeurs au FMI, se mettent d'accord sur un candidat ou candidate fort et compétent" pour un poste "qui est pour l'Europe et le reste du FMI extrêmement important dans le contexte économique actuel".

Remise en cause

La main-mise des Européens sur la direction du FMI, objet jusqu'ici d'un arrangement tacite avec les Américains qui ont celle de la Banque mondiale, est remise en cause par les pays émergents.

"C'est le moment pour changer ce qui est une tradition" et "pas une règle, une loi, une régulation", a encore estimé vendredi le secrétaire général de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le Mexicain Angel Gurria.


Belga
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