Flambée de violence entre les Territoires palestiniens et Israël : on va vers une "guerre à grande échelle", prévient l'ONU

L’escalade militaire entre le Hamas et Israël s’est intensifiée cette nuit avec des centaines de roquettes lancées par le mouvement islamiste sur la métropole israélienne Tel-Aviv, et un véritable déluge de feu de l’armée israélienne sur la bande de Gaza.

Depuis le Ramadan, la tension est montée de plusieurs crans, avec une violence exacerbée par la menace d'expulsion de familles palestiniennes, en faveur d'une organisation de colons juifs, à Jérusalem Est. L'audience qui devait décider du sort de ces familles, prévue lundi 10 mai, a été repoussée par la justice israélienne.


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Israël et le mouvement islamiste Hamas se dirigent vers une "guerre à grande échelle", a prévenu mardi soir l'émissaire de l'ONU pour le Proche-Orient Tor Wennesland, appelant les parties à mettre fin "immédiatement" aux affrontements. Le Conseil de sécurité des Nations unies tiendra une nouvelle réunion pour se pencher sur la situation, soit la deuxième réunion en trois jours.

1000 roquettes tirées en deux jours

Plus de 1000 roquettes ont été lancées par des groupes armés palestiniens de la bande de Gaza vers Israël depuis lundi soir, a annoncé mercredi matin l'armée israélienne. Dans un point de presse en ligne, le porte-parole de l'armée Jonathan Conricus a indiqué que 850 ont été interceptées par le bouclier antimissile ou se sont abattues sur Israël, et 200 sont tombées du côté de l'enclave palestinienne.


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Un homme et une fille sont morts mercredi dans la ville israélienne de Lod alors qu'ils se trouvaient dans une voiture, touchée par une roquette tirée depuis la bande de Gaza, a rapporté la police israélienne. La fille, dont l'âge n'a pas été donné, est décédée sur le coup, tandis que l'homme d'une quarantaine d'années a été déclaré mort à l'hôpital, selon la police qui n'a pas précisé s'ils étaient parents. Ces nouveaux décès portent à cinq le nombre de personnes tuées en Israël par des tirs de roquettes lancées depuis lundi soir par des groupes armés Gaza.

Des dizaines de morts et des centaines de blessés du côté palestinien

Les attaques israéliennes menées par des avions de chasse et des hélicoptères de combat ont fait au moins 35 morts, parmi lesquels 12 enfants, et au moins 230 blessés, selon le ministère de la Santé à Gaza. Des commandants du Hamas et du Jihad islamique ont par ailleurs péri dans ces frappes. En outre, un Palestinien a été tué dans des heurts avec l'armée israélienne dans le sud de la Cisjordanie occupée, ont rapporté mercredi des sources officielles palestiniennes. "Un citoyen" est mort après avoir été touché par des balles israéliennes dans le camp de réfugiés d'Al-Fawwar, près de la ville palestinienne de Hébron, a rapporté le ministère de la Santé palestinien. D'après l'agence officielle Wafa, Hussein Al-Titi, 26 ans, est mort dans des affrontements ayant éclaté avec l'armée israélienne.

Au moins vingt Palestiniens, dont neuf enfants, ont été tués lundi dans des frappes israéliennes sur la bande de Gaza, en riposte à des tirs de roquettes en provenance de l'enclave palestinienne.

 

Des roquettes en représailles à des frappes israéliennes

Le Djihad islamique, deuxième groupe armé palestinien de la bande de Gaza, a annoncé mercredi à l'aube avoir tiré 100 roquettes depuis l'enclave palestinienne vers le territoire israélien. "A 05h00 ce matin, nous avons mené une frappe puissante contre l'ennemi (israélien, NDLR), avec 100 missiles tirés en riposte aux frappes sur des bâtiments et des civils", a indiqué le groupe armé, dont au moins deux commandants ont péri dans des raids de l'armée israélienne.

De nouvelles frappes israéliennes sur Gaza ont détruit le siège de la police, le mouvement islamiste Hamas, au pouvoir à Gaza.

Plus tôt dans la nuit, le mouvement avait annoncé tirer plus de 200 roquettes vers le territoire israélien en riposte à des frappes israéliennes sur un immeuble dans le centre de l'enclave palestinienne. La branche armée du Hamas a indiqué dans un communiqué être "en train de tirer 110 roquettes vers la métropole de Tel-Aviv" et "100 roquettes" vers la ville de Beersheva, "en représailles à la reprise des frappes contre des immeubles habités par des civils".

Incendie d'une synagogue

Le feu a été bouté à synagogue dans la ville de Lod près de l'aéroport israélien Ben Gourion. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a décrété mercredi l'état d'urgence dans cette ville du centre du pays, théâtre ces dernières heures selon la police "d'émeutes" de la minorité arabe.

Des résidents arabes ont porté atteinte au lieu de culte de la ville de Lod, à 15 kilomètres au sud-est de Tel Aviv avant d'y mettre le feu. Des douzaines de voitures ont aussi été incendiées et des vitrines brisées.

Le maire de la ville, Jair Revivo, a fait état d'une "guerre civile" et mis en place un couvre-feu immédiat.

Lod est considérée comme une ville désavantagée socialement au taux de criminalité élevé.

Dans un communiqué, le Premier ministre a indiqué avoir donné son feu vert pour déclarer "l'état d'urgence" dans cette ville du centre du pays, ont déclaré ses services. La police israélienne faisait état "d'émeutes" de la minorité arabe locale après cette mort violente la veille d'un Arabe israélien de 25 ans.

Un homme de 34 ans été arrêté, a annoncé la police. Selon les médias, il s'agit d'un résident juif de la ville. D'autres affrontements graves ont aussi été constatés dans les villes aux résidents majoritairement arabes d'Acre au nord du pays et de Jaffa près de Tel Aviv.

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