Firouze, étudiante iranienne aux USA: "Si je quitte le pays, je ne pourrai pas revenir"

Firouze, étudiante iranienne aux USA: "Si je quitte le pays, je ne pourrai pas revenir"
Firouze, étudiante iranienne aux USA: "Si je quitte le pays, je ne pourrai pas revenir" - © BRYAN R. SMITH - AFP

Firouze est iranienne, elle vit à Washington où elle étudie le journalisme depuis mars 2016. Pour pouvoir étudier aux USA, la jeune fille a reçu un visa "étudiant". Ce visa prévoit la possibilité de sortir du pays et d’y revenir de façon libre. "Ce ‘multiple visa’ permet à celui qui le détient de quitter les États-Unis un jour et d’y retourner le lendemain", explique la jeune fille. "Ce document est valable pour toute la durée de mes études".

Problème: le nouveau décret Trump et un voyage organisé par son université en Afrique du Sud dans le cadre de sa formation de journaliste. Son programme de cours prévoit un voyage de deux semaines à l’étranger et le tournage d’un reportage sur le pays visité. Reportage qui est évalué et fait partie intégrante de son Master.

Douze étudiants de sa classe ont, comme elle, choisi l’Afrique du Sud, mais elle, ne partira pas: "J’ai mon visa, j’ai préparé mon voyage pendant un mois et j’étais prête à y aller mais maintenant (avec le décret anti-réfugiés) je ne peux plus quitter les États-Unis alors que mes amis qui sont dans la même classe que moi partent". 

Si je quitte le pays, je ne pourrai pas revenir

Vendredi prochain, ses condisciples s’envoleront donc sans elle : "Il n’y a aucune solution, si je quitte le pays, je ne pourrai pas revenir. Avec ce signal de M. Trump tout mon projet s’est envolé."

Heureusement pour Firouze, cet empêchement ne compromet pas son année parce que ses professeurs la soutiennent: "Mes professeurs se montrent compréhensifs et je ne serai pas pénalisée, ils me protègent même en tant qu’étudiante iranienne, ici aux USA".

Pas de visite de la famille

Deuxième problème : la visite prévue de sa famille à Washington. "Ils ont obtenu leurs visas, mais ces visas ne peuvent à présent plus servir et ils ne peuvent donc pas venir", raconte Firouze. 

La famille qui devait s’envoler de Téhéran dans quelques semaines, rester quelques jours aux États-Unis, puis retourner en Iran ne viendra donc pas : "Ils ne voulaient pas rester ici", précise la jeune iranienne.

Les mesures prises par Donald Trump à l’encontre des détenteurs de visas d'Irak, d'Iran, de Libye, de Somalie, du Soudan, de Syrie et du Yémen changent déjà le quotidien d’étudiants comme Firouze qui ont des craintes concernant la suite de leurs cursus nord-américains.

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