Finlande: un rebond tout relatif pour la social-démocratie européenne

Pays où des partis socialistes ou sociaux-démocrates sont au gouvernement, ou ont remporté une élection

En Finlande, l'extrême droite réussit une percée historique aux élections législatives de ce dimanche, mais c'est le parti social démocrate qui arrive en tête, à un siège près au Parlement. C'est une victoire de justesse pour les sociaux-démocrates, mais un rebond qui ne doit pas faire oublier les difficultés que socialistes et sociaux-démocrates connaissent partout en Europe. 

Le succès du parti social démocrate finlandais est tout relatif, 18%, soit un peu plus que son résultat de 2015. Un des plus mauvais de son histoire, à remettre en perspective, explique le politologue Pascal Delwit qui rappelle que ce repli ne date pas d'hier. 

Aujourd'hui, les sociaux-démocrates ne sont présents que dans une douzaine de gouvernements dans l'union européenne, et surtout dans les petits pays. A deux exceptions près: l'Allemagne et l'Espagne.

Une formation de gouvernement compliquée

Pour le dirigeant du Parti social démocrate finlandais, la tâche s'annonce compliquée pour former une coalition.

La partie s'annonce serrée pour le social-démocrate Antti Rinne. Pour devenir Premier ministre, cet ancien syndicaliste devra composer avec un échiquier politique finlandais éclaté. Réputé pour son intransigeance, Antti Rine devra sceller de larges alliances pour appliquer au maximum son programme anti-austérité et d'amélioration de l'Etat providence.

Politiquement, les sociaux-démocrates sont tout à fait incompatibles avec les "Nouveaux Finlandais", ce parti d'extrême droite anti-immigration et opposé à ce qu'il appelle l'hystérie climatique.

Il faudra faire appel aux Verts, autres gagnants de ce scrutin et, plus à gauche, à l'Alliance de gauche, partenaire naturel des sociaux-démocrates.  Numériquement cela ne suffira pas à former une majorité.

Restent alors les perdants de ces élections : le parti conservateur qui a toutefois mieux résisté que prévu, les centristes de l'ancien Premier ministre, en chute libre et qui risque une cure d'opposition, ou encore le parti des Suédophones, habitués à faire l'appui dans différentes coalitions, tout comme les chrétiens-démocrates.

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