Finlande: le pays de la démocratie transparente et de l’égalité

Finlande: le pays de la démocratie transparente et de l'égalité
5 images
Finlande: le pays de la démocratie transparente et de l'égalité - © Tous droits réservés

Et si la Belgique s’inspirait de ce qui se fait chez ses voisins du nord ? Au pays des 1000 lacs, on ne badine pas avec la démocratie participative. La transparence et l’égalité sont de rigueur. Personne n’y trouve à redire. « Lever le drapeau, c’est toujours un moment solennel en Finlande. Je vénère aujourd’hui notre démocratie, la transparence dans notre pays mais aussi l’égalité », explique Matti, écologiste affirmé. « Nous, les Finlandais, nous sommes les gardiens de la démocratie aux portes de la Russie. Et nous devrions faire entendre encore plus fort nos valeurs. »

Ferveur démocratique

A Helsinki, comme à Bruxelles, les jeunes se font entendre. Ils manifestent devant le Parlement pour réclamer une véritable politique Climat. Dans la capitale finlandaise, on peut même parler de cours de manifestation. Dès leur plus jeune âge, les petits finlandais apprennent ce que signifie la démocratie. « Dans les écoles finlandaises, on enseigne la démocratie. Les directeurs des écoles pensent que leur apprendre à exprimer leur opinion est important. C’est un droit des citoyens », explique Matti.

Le pays a toujours affiché sa transparence, sa volonté d’égalité. Ici personne ne s’offusque qu’un voisin consulte vos revenus et votre fiche d’impôts. Juho est étudiant en sciences politiques. Il suit la campagne et consulte régulièrement les revenus des élus. Quelques clics et la transparence est totale. Il cherche Anne-Marie Virolailen, une ministre. En 2017, il s’aperçoit qu’elle avait un revenu imposable de 89.410 euros et elle a payé à l’Etat 14.365 euros d’impôts.

Toi, toi, mon cher tutoiement

Non contents de consulter les fiches d’impôts de leurs élus, les Finlandais tutoient aussi les politiques et pas seulement pendant la campagne électorale. Ce jour-là au marché couvert de Tampere, la Ministre du Commerce extérieur, candidate aux législatives pour son parti de droite, est interpellée par des clients d’un bar. « Ton accent il est du Sud-Ouest ? », lui demandent-ils. Elle répond simplement : « Mon accent, il est originaire de Turku, sur la côte. On avale un peu les mots. »

 

Interrogée par une journaliste de France télévision, la ministre estime que c’est un droit des citoyens. Tutoiement, comme transparence, sont essentiels au bon fonctionnement de la Finlande.

« Cela ne me pose absolument aucun problème. Et de toute façon, en tant que Ministre, tout le monde sait ce que je possède. Les gens connaissent ma maison au bord du lac, mon appartement à Helsinki, à Turku et même mes actions. Les gens ont besoin de nous faire confiance. Et si on cache quelque chose, alors je pense qu’ils ne peuvent plus nous faire confiance. Je crois en la transparence. »

Tutoiement, transparence et égalité des sexes

Dans le nord du pays, à Yuvaskula, une autre femme fait entendre sa voix. C’est Eila Tianen, candidate de l’alliance de gauche aux législatives. Sur le marché au poisson, elle discute avec les commerçants et les passants. Tout en distribuant ses tracts. Son combat, c’est l’égalité entre les hommes et les femmes dans un pays qui a été l’un des tout premiers à accorder les droits politiques aux femmes. « Il faut s’occuper de ces veuves qui ont des retraites bien maigres et qui ne peuvent pas rester chez elles tellement elles vivent dans la pauvreté, explique la candidate. C’est vraiment insupportable ». Cette ancienne journaliste est une militante de toujours. Elle soutient les propositions d’initiatives populaires en vigueur dans le pays depuis 2012.

Les « Vrais Finlandais »

Mais tout n’est pas blanc comme neige au pays des aurores boréales. Eila Tianen a fait campagne en terre nationaliste et populiste. Le territoire de prédilection du parti des 'vrais Finlandais'. Le 14 avril dernier, à l’occasion des législatives organisées dans le pays, les sociaux-démocrates (SDP) ont glané 40 sièges de députés, contre 39 pour le parti des Vrais Finlandais. « Je ne m’attendais pas à un tel résultat, personne ne s’attendait à cela », a déclaré Jussi Halla-aho, président des Vrais Finlandais, devant ses militants à Helsinki.

La démocratie finlandaise qui se veut un modèle de transparence et d’égalité n’a pas pu empêcher la percée des populistes.

Reportage a découvrir ce dimanche 19 mai sur la Trois à 23h30 dans le magazine EuropeS

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK