Finlande: le congé de paternité devrait être porté à près de 7 mois, comme pour les mamans

Le nouveau gouvernement finlandais a annoncé son intention d’accorder le même congé parental à tous les parents, dans le but d’inciter les pères à passer plus de temps avec leurs enfants. Lors d’une conférence de presse, la ministre des Affaires sociales et de la Santé Aino-Kaisa Pekonen a présenté le projet de nouveau modèle de congé familial du gouvernement finlandais. La volonté de la coalition de centre-gauche est de porter l’ensemble des congés parentaux suite à une naissance de 11,5 à 14 mois.

Dans ce plan, les deux parents recevraient une part égale de congé d’environ 6,6 mois. Mais les parents pourraient également transférer une partie de leur propre quota à l’autre parent pour un total de 69 jours ou 2,3 mois. En plus de cela, la maman bénéficierait d’un mois de congé avant la naissance de l’enfant.

La ministre de la Santé et des Affaires sociales, a déclaré aux journalistes qu’une "réforme radicale des prestations familiales" avait été engagée, dans le but de renforcer la relation entre les parents dès le départ. La Finlande déclare vouloir "promouvoir le bien-être et l’égalité des sexes".

Pousser les pères à prendre leur congé de paternité

Le modèle conçu par le gouvernement serait un grand changement par rapport au système d’aujourd’hui. Dans le système finlandais actuel, le congé de maternité est de 4,2 mois, tandis que les pères se voient accorder 2,2 mois. Ils peuvent prendre ces congés jusqu’à ce que l’enfant ait deux ans.

En plus de ces congés, six mois supplémentaires de congé parental peuvent être partagés. Une indemnité journalière pour compenser la perte de salaire est versée au parent en congé six jours par semaine. Mais malgré ces avantages, les pères n’utilisent aujourd’hui qu’une fraction du congé parental. Globalement, les pères finlandais n’ont perçu que 10% de toutes les allocations parentales versées au bout de la deuxième année de l’enfant. Le reste de l’indemnité journalière est donc allé aux mères.

L’idée derrière ce projet de réforme est donc d’inciter les papas à s’impliquer davantage dans leur vie de famille et à promouvoir l’égalité des sexes. Pour la ministre des Affaires sociales et de la Santé, "La réforme est un investissement du gouvernement dans le bien-être des familles. Cela renforce la relation entre les deux parents depuis le début".

Pour cette ancienne infirmière, la réforme facilitera la tâche des familles en partageant le fardeau de manière plus égale entre les deux parents. Selon Pekonen, la réforme constituera également un grand changement d’attitude, car elle facilitera l’égalité parentale et la vie de familles aux compoistions diverses.

Vers une plus grande égalité des sexes

Le ministre a insisté sur le langage utilisé dans le texte de la réforme mais également au contenu de la loi. Les plans actuels ne parlent plus de congé de maternité ou de paternité mais de congé parental. Le projet de loi utilise volontairement un langage qui ne tient plus compte du sexe des parents, ce qui signifie également un renoncement aux subventions liées au genre.

Cela permettrait à des familles parfois hors des schémas classiques de profiter pleinement des avantages. Les parents seuls auraient, par exemple, la possibilité de prendre l’équivalent des congés accordés aux deux parents.


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Le mois dernier, la Première ministre finlandaise Sanna Marin a déclaré que son pays avait encore du chemin à parcourir pour parvenir à l’égalité des sexes et s’est plainte que trop peu de pères passaient du temps avec leurs enfants lorsqu’ils étaient jeunes.

Ce projet de nouveau modèle de congé de parentalité constitue la base d’un texte de loi. S’il était mis en œuvre, il coûterait à la Finlande environ 100 millions d’euros supplémentaires par an que le système actuel. Cette réforme devrait entrer en vigueur au plus tôt en 2021.

Le gouvernement a inclus les partenaires sociaux dans les négociations. La raison est claire : les employeurs et les employés payeraient une grande partie du coût de la réforme. Le gouvernement s’est engagé à couvrir 25 millions d’euros sur 100 millions d’euros. Le solde sera laissé aux partenaires sociaux.

Le congé de paternité en Belgique et ailleurs en Europe

En Belgique, le congé parental est aussi une question qui anime les discussions politiques. Dans notre pays, les pères ont droit à dix jours de congé de paternité par enfant. Ce sont dix jours de congés payés qui ne doivent pas nécessairement être pris en une seule fois, mais peuvent être étalés durant les quatre mois qui suivent la naissance de leur enfant. Cela concerne autant les papas salariés que les pères indépendants. Pour ces derniers, c’est même une disposition assez récente puisqu’elle est en vigueur depuis le 1er mai 2019.

Mais ce congé de paternité n’est pas obligatoire, certains partis voudraient donc l’imposer. La question de l’extension de la durée de ce congé fait aussi l’objet de débats à la Chambre.

Ailleurs en Europe, le congé de paternité est aussi en train d’évoluer et les pays nordiques sont parmi les plus avancés en la matière, comme la Suède où les papas et mamans ont tous les deux droits à 240 jours de congé chacun, soit un total de 480 jours cumulés avec pour chaque parent 60 jours non-transférables à l’autre parent.


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L’UE s’est également engagée dans cette voie, avec une directive de 2019 donnant aux États membres trois ans pour accorder à chaque parent au moins quatre mois de congé parental, dont deux mois non transférables.

Cette question du congé parental, l’extension de sa durée globale, de sa durée pour les pères, de son obligation et de la "non-transférabilité" de celui-ci, font partie des discussions dans de nombreux pays où il y a une volonté de rapprocher les papas de leurs familles afin qu’ils soient plus impliqués dans le quotidien et que cela permette une vie professionnelle plus équitable pour tous les sexes.

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