Fin de mandat chaotique pour Donald Trump

La fin de mandat du président Trump, de plus en plus chaotique, soulève de nombreuses questions. L’indignation soulevée par l’assaut du Capitole par les partisans de Donald Trump ne s’éteint pas à la suite des dernières déclarations apaisantes du président. Et cette dernière pourrait aussi avoir des conséquences juridiques pour le locataire de la Maison Blanche.

Une déclaration opportuniste ?

Le climat de la Maison Blanche est de plus en plus délétère depuis l’assaut sur le Capitole. De nombreux responsables ont présenté leur démission et, selon Jim Acosta, un conseiller de Donald Trump cité par CNN, la déclaration apaisante qu’il a récemment publiée est destinée à calmer le jeu.

Je pense que cette vidéo a été faite uniquement parce que presque tout son état-major est sur le point de démissionner et que l’impeachment est imminent

Enquête fédérale

Les enquêteurs fédéraux qui investiguent les circonstances des événements insurrectionnels du Capitole s’intéressent à toutes les personnes qui ont eu un rôle dans l’émeute. Et cela pourrait bien concerner aussi le président Trump.

Nous considérons tous les acteurs, pas seulement ceux qui sont entrés dans le bâtiment.

a indiqué le procureur Michael Sherwin du parquet fédéral de Washington cité par la BBC. Les conclusions de l’enquête pourraient alimenter les détracteurs du président dans des démarches futures.

25e amendement

Dans les rangs démocrates, les appels à Mike Pence pour qu’il enclenche le 25e amendement se font de plus en plus pressants et précis. Le 25e amendement permet au Vice-Président de déclarer l’incapacité du président à accomplir ses devoirs pour des raisons médicales.


►►► A lire aussi : Impeachment ou 25e amendement : voici comment la constitution américaine peut servir à "dégager" Donald Trump


La présidente de la chambre des représentants, Nancy Pelosi et le chef de group de la minorité démocrate au sénat, Chuck Schumer, ont fait un communiqué demandant à Mike Pence d’agir.

Les actes dangereux et séditieux du Président nécessitent sa destitution immédiate.

La demande des Démocrates n’a toutefois pas reçu de réponse officielle.

Impeachment

Ce vendredi, la chambre des représentants se réunira en séance plénière pour la première fois depuis l’émeute. Les démocrates envisagent d’introduire et de faire voter les articles d’accusations de Donald Trump dans la foulée. Une première historique pour les Etats-Unis. Aucun président n’a eu à faire face à une procédure d’impeachment au cours d’un même mandat. Ces accusations pourraient concerner l’appel à marcher sur le Capitole au cours du dernier meeting présidentiel mais aussi les tentatives de pression sur les responsables de Géorgie afin de " trouver des voix ". Une révélation faite tout récemment par le Washington Post. La situation est cependant assez proche de celle qui s’est développée lors de la première procédure d’impeachment contre Donald Trump en décembre 2019. Si la chambre des représentants, aux mains des Démocrates, peut arithmétiquement voter une accusation du président, le sénat est toujours aux mains des Républicains. Et il faut une majorité de 2/3 pour prononcer un jugement.

Autogrâce

Le New York Times rapporte que le président Trump aurait évoqué dans plusieurs discussions avec des conseillers juridiques la possibilité d’une grâce qu’il s’octroierait lui-même. Comme dans beaucoup de démocraties, aux Etats-Unis, le chef de l’État a le droit de grâce. Un droit dont le président a déjà fait usage à plusieurs reprises pour d’anciens collaborateurs ou proches. Mais la question d’une grâce accordée à soi-même soulève nombre de questions juridiques. Cela n’a jamais été tenté aux Etats-Unis mais Donald Trump semble persuadé que la chose est possible. En 2018 déjà, il produisait le tweet suivant :

"Comme il a été indiqué par de nombreux professeurs de droit, j’ai le droit absolu de me GRACIER moi-même mais pourquoi ferais-je cela comme je n’ai rien fait de mal. Entretemps, la chasse aux sorcières sans fin, dirigée par 13 Démocrates très en colère et en conflit (et d’autres) se poursuit à mi-mandat."

Les prochains jours risquent d’être encore riches en rebondissements.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK