Fillon, Juppé: des rivaux assez proches dans leur vision de l'Union européenne

Alain Juppé et François Fillon convergent sur beaucoup de points dans leur vision respective de l'Union européenne
Alain Juppé et François Fillon convergent sur beaucoup de points dans leur vision respective de l'Union européenne - © LOIC VENANCE - AFP

En France, François Fillon et Alain Juppé s'affronteront au deuxième tour des primaires de la droite dimanche prochain. L'un de ces deux hommes sera peut-être le futur président français, et donc, de facto, un acteur important de la politique de l'Union européenne.

Mais quelle est la vision européenne de ces deux hommes ? Lors de la campagne, et de manière générale, les sept candidats de la primaire de la droite française se sont concentrés quasi exclusivement sur des questions de politique intérieure, à commencer par l’économie. Aucun débat n’a porté sur l’avenir de l’Union européenne, sur le rôle de la France ou du couple franco-allemand dans la construction européenne. Rien non plus sur l’avenir de la politique agricole commune, pourtant chère aux Français.

Critiques de l'Union européenne mais plutôt europhiles

Mais cela ne signifie pas que François Fillon et Alain Juppé n’ont pas de vision européenne. L'un, Juppé, est peut-être un plus pro-européen que l’autre. Il y a deux ans, le maire de Bordeaux avait publié sur son blog un texte intitulé "Europe mon amour". Une lettre dans laquelle il déclarait sa flamme à l’Union. "Non", écrivait-il, "lEurope n’est pas responsable de tous nos maux". Mais dans le même temps, il pointait la bureaucratie bruxelloise : nombreuse, lointaine et compliquée ; il regrettait que la Banque centrale européenne gère une monnaie, l’Euro, sans véritable gouvernement économique. Et il y a quelques mois, visiblement toujours déçu, il constatait que "l’Europe ne faisait plus rêver".

Un constat partagé d'ailleurs par son rival François Fillon, un pro-européen pour le moins critique. Dans son programme, Fillon rappelle même qu’il avait fait campagne contre le traité de Maastricht en 1992. Il s’oppose à l’idée d’une Europe fédérale et pointe la technocratie de la Commission. Il lui préfère une Europe des Nations et a tendance à se rapprocher de certaines idées souverainistes.

Ni l’un ni l’autre n’appelle à détruire l’Europe

Tant François Fillon qu’Alain Juppé se montrent critiques vis-à-vis de l’Union européenne mais ils évitent toute forme de populisme. Ce ne sont pas des candidats outranciers qui font de l’Europe un bouc émissaire malgré le vent d’euroscepticisme qui souffle sur l’Hexagone. C’est peut-être lié à leur parcours politique puisque les deux hommes ont déjà occupé le poste de premier ministre.

Durant la campagne de cette primaire, ils ont adopté une posture présidentielle responsable. Ni l’un ni l’autre n’appelle à détruire l’Europe. Au contraire, ils veulent la sauvegarder, ils proposent de l’améliorer pour répondre aux attentes des Européens. Même s'il faudrait plutôt parler des attentes des Français.

Dans les grandes lignes, Alain Juppé et François Fillon sont assez d’accord sur le sens de de cette réforme de l’Union européenne. Ils sont favorables à une meilleure protection des frontières de l’Union, une plus grande coopération dans la lutte contre le terrorisme ou encore une meilleure gestion de l’Euro. Beaucoup de similitudes donc.

La question des sanctions à la Russie

Il est à noter que François Fillon a mis sur papier des idées plus précises que son rival. Ainsi, pour mieux maîtriser l’immigration, il propose de tripler le budget de Frontex, l’agence européenne de surveillance des frontières. Concernant, la monnaie unique, il préconise la création d'un gouvernement de la zone euro ; il veut créer, à terme, un Trésor européen, avec une mise en commun des dettes nationales.

Si les deux hommes divergent sur certains points, ils sont à chercher avant tout en politique intérieure : sur les questions économiques ou sur les questions sociales. Sur les questions européennes, il n'y en a qu'un : François Fillon est favorable à un rapprochement avec la Russie et demande la levée des sanctions européennes imposées à Moscou depuis l'annexion de la Crimée. Pour le reste, l'Europe est la grande absente de cette première partie de campagne. Va-t-il en être autrement dans les prochains jours ? Ce n'est pas sûr.

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