FIFA: six questions pour comprendre ce qui s'est passé ce mercredi

FIFA: cinq questions pour comprendre ce qui s'est passé ce mercredi
FIFA: cinq questions pour comprendre ce qui s'est passé ce mercredi - © FABRICE COFFRINI - AFP

Ce mercredi matin, les autorités suisses ont arrêté plusieurs responsables de la FIFA (Fédération Internationale de football) dans le cadre d’une enquête concernant des soupçons de corruption et de commissions occultes. Qui sont les personnes inquiétées? Que se passe-t-il au sein de la FIFA? Sur quoi porte l’enquête? S'agit-il du même dossier que celui de l'attribution des Coupes du monde au Qatar et en Russie? Voici six questions-réponses pour comprendre.

La Fifa, à quoi ça sert?

La première question que se posent peut-être plusieurs d’entre vous est : elle sert à quoi cette "Fédération internationale de football association"? Il s’agit ni plus, ni moins de l’instance dirigeante du football planétaire. Elle est en charge de la gestion et du développement du football à l’échelle mondiale. Fondée en 1904, son siège se situe à Zurich (Suisse).

Depuis longtemps, et peut-être plus encore depuis les attributions des Coupes du monde 2018 et 2022, l’opacité et l’affairisme collent à la peau de l’institution. Le précédent président de la FIFA, Joao Havelange, avait déjà été contraint à la démission en 1998 suite à un scandale de corruption (l’affaire ISL).

Qui la dirige?

La FIFA est actuellement dirigée par le Suisse Joseph "Sepp" Blatter, qui préside l’association depuis 1998.

Il se trouve justement que ce samedi 30 mai, une réunion extraordinaire doit avoir lieu pour renouveler la composition du comité exécutif, l’instance dirigeante de la FIFA. A 79 ans, Sepp Blatter aurait dû, selon toute vraisemblance, y être confirmé pour un nouveau mandat à la tête de l’institution. Mais les événements de ce mercredi vont vraisemblablement compliquer ses plans. Son principal challenger est l’actuel vice-président de l’institution, le Prince Ali bin al-Hussein de Jordanie, neveu du roi Abdallah II de Jordanie. Ce dernier fait en effet campagne sur la nécessité de plus de transparence et d’éthique au sein de l’association.

Qui est dans le collimateur?

Malgré sa longévité à la tête du football mondial, Sepp Blatter n’est a priori pas concerné par l’enquête en cours. C’est en tout cas ce qu’a répété à longueur de conférence de presse le porte-parole de la FIFA, Walter De Gregorio, ce mercredi. Son principal rival, le Prince Ali de Jordanie n’est pas inquiété non plus.

Par contre, selon les informations communiquées par les autorités américaines, neuf hauts dirigeants du football mondial et cinq responsables du marketing ont été arrêtés à Zurich.

Parmi eux, deux vice-présidents de la FIFA : Jeffrey Webb -par ailleurs président de la Confédération de football d'Amérique du Nord, d'Amérique centrale et des Caraïbes (CONCACAF)- et Eugenio Figueredo. Jack Warner, ancien vice-président de la FIFA est lui aussi parmi les personnes arrêtées.

Pourquoi sont-ils inquiétés?

L’ordre d’arrestation a été exécuté par les autorités suisses à la demande de la justice américaine. Ces arrestations sont conduites dans le cadre d’une enquête pour des soupçons de pots-de-vin et de commissions occultes versées depuis le début des années 90 jusqu’à aujourd’hui. Des responsables de médias et du marketing sportif seraient impliqués dans ces versements aux hauts fonctionnaires concernés. Le but de ces opérations de corruption étant d’obtenir des droits de retransmission, des droits marketing et des contrats de sponsoring pour plusieurs compétitions footballistiques internationales.

Pourquoi est-ce la Justice américaine qui s’en mêle?

L’acte d’accusation indique que la corruption est "rampante, systémique et profondément ancrée (dans le fonctionnement de la FIFA) à l’étranger et ici aux Etats-Unis". C'est ce qu'a indiqué la procureur général (la ministre de la Justice) des Etats-Unis Loretta Lynch.

Or, la loi américaine prévoit que dans le cadre d’enquêtes criminelles, la justice des Etats-Unis a le droit de trainer devant ses tribunaux des ressortissants étrangers, même si ceux-ci vivent hors des Etats-Unis. Une compétence plus habituellement utilisée dans des dossiers liés au terrorisme. La condition seule condition est de pouvoir s’appuyer sur un lien, même ténu, entre les activités criminelles présumées et les Etats-Unis. Il peut s’agir, par exemple, de l’usage de services bancaires américains, des service de fournisseurs d’accès internet américains, etc.

S’agit-il du dossier lié aux attributions des Coupes du monde 2018 et 2022?

A priori non mais... Les autorités suisses ont, elles aussi, ouvert un dossier concernant les attributions des Coupes du monde 2018 et 2022. Le dossier des attributions douteuses de cette compétition (la plus regardée sur la planète) respectivement à la Russie et au Qatar est en effet au centre d’une procédure pénale pour blanchiment d'argent et gestion déloyale initiée par la justice helvétique.

Ce dossier est alimenté notamment par le fameux "rapport Garcia". En 2012, un ancien agent d'Interpol spécialisé dans la lutte antiterroriste, Michel Garcia avait rédigé un rapport explosif, etouffé par la FIFA. Ce qui n’avait pas empêché la médiatisation de ses principales conclusions. Il mettait notamment en lumière le rôle central du vice-président de la FIFA d’alors, le Qatari Mohammed Bin Hammam dans les manigances destinées à faire attribuer la Coupe du monde à son pays. Il avait été radié fin 2012 de la Fédération internationale. Mais la Coupe du monde 2022, elle, aura bel et bien lieu au Qatar, a confirmé ce mercredi encore le porte-parole de la FIA.

@julienvlass

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