Feux en Amazonie: les Brésiliens relativisent ces incendies

Au Brésil, des milliers d’hommes sont toujours mobilisés pour lutter contre les centaines de nouveaux incendies de forêts qui font rage dans le pays. Dans la région de Manaaus, la capitale de l’État brésilien de l’Amazonas, dans le nord ouest, les habitants relativisent ces incendies. "Ces incendies sont à 800 km de là. On ne les voit pas, et l’air n’y est pas irrespirable. Voilà peut-être pourquoi les premiers brésiliens rencontrés sont philosophes et peu inquiets. Via les réseaux sociaux, ils nous disent que c’est chaque année la même chose. C’est la saison des brûlis. Les agriculteurs brûlent les terres pour augmenter la fertilité. Ce n’est pas la forêt tropicale humide qui brûle mais bien, les terres autour", raconte notre envoyée sur place, Esmeralda Labye.

"L’expression des Brésiliens, en ce moment, est "de toute façon, c’est comme ça". Ils disent qu’on a toujours pratiqué le brûlis, et peut-être que ce n’est pas la solution, mais il n’y a pas de volonté d’éducation, ni de changer de la part du gouvernement."

Les ONG dénoncent la politique du président brésilien

Le gouvernement de Jair Bolsonaro est d’ailleurs très critiqué par les ONG environnementales. "Ce n’est pas que moi. Ce sont tous les Brésiliens qui veulent la préservation de l’Amazonie. Mais c’est un travail difficile, qui requiert de l’investigation et de l’intelligence. Notre travail va augmenter. Il a déjà augmenté ces derniers mois à cause de la faiblesse de ce gouvernement. Il détruit toutes les actions concrètes, tous les combats pour dénoncer les crimes environnementaux," affirme Romulo Batista, responsable forêt chez Greenpeace à Manaus.

"Nous avons eu différents gouvernements depuis le retour de la démocratie, au Brésil. Notre Constitution inscrit la protection de l’environnement comme une question fondamentale. La préservation de l’Amazonie est un des articles de la Constitution. Au fil des ans, les présidents ont créé des unités pour préserver les terres indigènes. Mais, aujourd’hui, nous avons un président anti-environnement. Il est contre, il l’a dit. Il pense que le progrès peut développer le pays. Il condamne l’Amazonie et notre futur," insiste ce défenseur de l’environnement.

Macron: "On doit se montrer présents"

Au G7, un consensus semblait se dessiner pour aider au plus vite possible les pays touchés par ces feux. "On doit se montrer présents", a ajouté M. Macron, qui avait vertement critiqué vendredi "l'inaction" du président brésilien Jair Bolsonaro face à ce désastre environnemental. Emmanuel Macron a fait état dimanche de contacts en cours "avec tous les pays de l'Amazonie (...) pour qu'on puisse finaliser des engagements très concrets de moyens techniques et financiers".  

"Nous sommes en train de travailler à un mécanisme de mobilisation internationale pour pouvoir aider de manière plus efficace ces pays", a précisé le chef de l'Etat. 

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