Le factchecking de VEWS: Jérusalem, "capitale historique" d'Israël?

"Ce n'est pas Donald Trump qui a déclaré Jérusalem comme capitale du peuple juif mais c'est le roi David qui l'a fait, il y a 3000 ans!" Voilà les propos tenus par l'ambassadeur d'Israël en Belgique, Simona Frankel, sur La Première. Dans cette phrase, ainsi que dans le reste de son interview, plusieurs éléments doivent être vérifiés à la lumière du droit international.

"Ce type d'argument n'est pas acceptable en droit international", explique Olivier Corten, professeur de droit international. Imaginez plutôt: sur cette base historique, la Grèce se mettrait à réclamer des territoires sous prétexte des frontières que connaissait la Grèce antique ou encore l'Italie revendiquerait Paris en invoquant l'étendue de l'Empire romain. "En droit international, on se réfère aux textes les plus récents. Et ces textes sont clairs, le statut de Jérusalem doit être négocié et Israël ne peut pas annexer Jérusalem-est, ce qui est le véritable problème ici", précise ce spécialiste.

Jérusalem, capitale dans les faits 

Autre argument avancé par Simona Frankel: "C'est une reconnaissance de la réalité". En effet, toute l'administration israélienne se trouve dans la partie ouest de Jérusalem. Exemples : la Knesset (le Parlement israélien), la banque centrale israélienne ou encore la Cour suprême. Les ambassades, elles, se trouvent toutes à Tel Aviv. 

En qualifiant Jérusalem de capitale israélienne, Donald Trump ne reconnaît pas simplement une réalité administrative. "C'est reconnaître l'annexion (de Jérusalem-est, ndlr.), c'est reconnaître l'occupation", précise Olivier Corten. 

"Jérusalem n'a jamais été une capitale arabe"

Jérusalem est coupée en deux depuis 1967: Jérusalem-ouest est sous administration israélienne tandis que la Palestine revendique Jérusalem-est comme étant sa capitale. Depuis la fin des années '60, Israël a progressivement grignoté du territoire palestinien via l'expulsion d'habitants palestiniens et/ou la construction d'immeubles et de maisons pour des Israéliens. 

Pour l'ambassadeur israélien en Belgique, revendiquer Jérusalem-est comme capitale palestinienne semble relever de l'ineptie: "C'est quelque chose qu'ils réclament, qu'ils veulent, c'est peut-être leur rêve, mais ça n'a jamais été une capitale arabe!" Un argument qu'Olivier Corten réfute, précisant que le statut de Jérusalem doit être le fruit d'une négociation et ne peut être déterminé unilatéralement que ce soit par la Palestine ou par Israël.

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