Face à la menace russe, l'Otan approuve formellement sa "présence avancée" à l'Est

Les ministres de la Défense des 28 pays de l'Otan ont approuvé mercredi un renforcement de la présence militaire alliée en Europe de l'est face à une Russie plus agressive, a annoncé le secrétaire général de l'Alliance atlantique, Jens Stoltenberg.

Les ministres ont approuvé un ensemble de principes pour une "présence avancée renforcée", qui sera multinationale - et pas seulement américaine - et par rotations (de troupes), a-t-il indiqué à la presse au cours d'une réunion ministérielle au siège bruxellois de l'Otan.

Jens Stoltenberg s'est refusé à fournir le moindre chiffre sur les effectifs que l'Otan envisage de déployer sur son flanc est, soulignant que des études devaient encore être menées par les autorités militaires alliées.

"D'autres décisions seront prises en juin (lors de la prochaine réunion des ministres de la Défense) et en juillet, lors du sommet" des chefs d'Etat et de gouvernement prévu les 8 et 9 juillet à Varsovie, a-t-il précisé.

Nouvelle stratégie

Cette nouvelle stratégie vient compléter les efforts entrepris depuis 18 mois pour rendre les forces de l'Otan plus réactives et dissuasives en réponse à l'annexion de la Crimée par la Russie en mars 2014 et l'offensive des rebelles prorusses dans l'Est de l'Ukraine.

Des "forces multinationales" viendront ainsi renforcer des mesures déjà prises pour rassurer les pays alliés d'Europe de l'Est depuis le printemps 2014, comme l'ouverture de centres logistiques, le prépositionnement de matériel, l'envoi d'avions de chasse dans les pays baltes ou le déploiement de davantage de navires en mer Baltique et en mer Noire, a expliqué M. Stoltenberg.

Washington va quadrupler, à hauteur de 3,4 milliards de dollars, les dépenses destinées à muscler la présence américaine en Europe, en y stationnant notamment des équipements de combat lourds (tanks, lance-roquettes,etc.), pouvant accommoder une division américaine (15 à 20 000 hommes).

Par ailleurs, l'équivalent d'une brigade - soit de 3200 à 4000 soldats - sera présent toute l'année dans les pays de l'Est pour des exercices et entraînements.

"Notre dissuasion est basée sur une combinaison de cette présence avancée et de notre capacité à renforcer rapidement, si besoin" les troupes déjà déployées à l'Est, a précisé M. Stoltenberg.

Moscou met régulièrement en garde contre le "stationnement permanent" de forces de combat alliées à sa frontière, qu'elle considère comme contraire à l'Acte fondateur Otan-Russie, signé en 1997.

"Nous ne vivons plus à l'époque de la Guerre froide, où des centaines de milliers de soldats étaient massés dans un face-à-face sur la frontière", a souligné M. Stoltenberg.

l'Otan compte dévoiler, lors de son prochain sommet à Varsovie en juillet, les détails de cette "présence avancée", qui vise également à parer une agression depuis le Sud, autre foyer d'instabilité en raison du conflit syrien et de l'essor de l'organisation Etat islamique.

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